Y a-t-il encore besoin de prêtres après Jésus Christ ?

samedi 18 avril 2015, par theopedie

En bref : Tout grand-prêtre exerce son office entouré de prêtres. De même pour le Christ : puisqu’il est grand-prêtre selon l’ordre du roi Melchisédek, il exerce son sacerdoce dans le ciel par lui-même et sur la terre par ses prêtres.

L’immolation que Jésus Christ a faite de lui-même sur la croix a accompli et consommé objectivement, une fois pour toutes, l’œuvre de la rédemption : le péché est expié, l’abîme qui nous séparait de Dieu est comblé, l’accès du Saint des saints dans les cieux nous est ouvert (Hébreux 10, 19). La rédemption opérée sur la croix est éternelle et vaut pour tout tous les temps (Hébreux 9, 12). : elle n’a pas besoin d’être complétée ou augmentée ou réitérée.

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Le prêtre,
icône vivante de Jésus grand prêtre.
(ici des prêtres orthodoxes)

Mais une chose reste nécessaire : l’application de ce sacrifice, c’est-à-dire la communication à chaque âme des fruits de ce sacrifice expiatoire. En effet, le sacrifice du Christ ne profite qu’à ceux à qui le mérite des tortures du Christ est communiqué (Concile de Trente, 6,3). Pour que les rachetés trouvent la sanctification et la béatitude, il faut encore que l’homme croit et coopère à l’œuvre de Dieu, qu’il s’approprie la grâce que le Christ lui a obtenue. Or, l’application ou la communication des grâces suppose un médiateur, et c’est là le rôle du prêtre.

In officio sacerdotis duo possunt considerari : primo quidem ipsa oblation sacrificii ; - secundo ipsa sacrificii consummation, quae quidem consistit in hoc, quod illi, pro quibus sacrificium offertur, finem sacrificii consequantur. Finis autem sacrificii, quod Christus obtulit, non fuerunt bona temporalia, sed aeterna, quae per ejus mortem adipiscimur (Thomas, 3,22,5).

Aussi longtemps qu’il y aura sur la terre des hommes ayant besoin d’être sauvés, le Christ exercera donc son sacerdoce royal à la manière de Melchisédek, en offrant continuellement le sacrifice eucharistique par l’intermédiaire des prêtres qui sont sur terre ses représentants. Il s’agit là d’une médiation descendante (du Christ vers son peuple). A cette médiation s’ajoute une médiation ascendante (du peuple vers le Christ) :

Celui qui a reçu le sacerdoce ministériel jouit d’un pouvoir sacré pour former et conduire le peuple sacerdotal, pour faire, dans le rôle du Christ, le sacrifice eucharistique et l’offrir à Dieu au nom du peuple tout entier ; (Vatican II, Lumen Gentium, 10)

C’est cette double médiation qui explique et fonde le besoin d’un sacerdoce institué.

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