Y avait-il des sacrements dans l’Ancien Testament ?

samedi 5 juillet 2014, par theopedie

En bref : Certaines institutions de l’Ancien Testament appartiennent à la catégorie des sacrements, notamment la circoncision, les sacrifices, le repas pascal. Toutefois, ces sacrements ne procurent pas la grâce en eux-même, mais ils la procurent par la foi et l’espérance qu’ils expriment d’un sauveur à venir.

 Critères de recension

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L’agneau pascal

Ce qui, à la différence de nombres d’autres signes symboliques et typiques, faisait de certains rites de l’Ancien Testament de véritables sacrements, c’était la vertu qu’ils avaient en propre de rendre consacrer ceux qui les recevaient, en leur communiquant une certaine pureté. Seuls donc, les rites qui étaient une consécration et une habilitation au service divin, doivent être comptés parmi les sacrements de l’Ancien Testament.

  • La circoncision était une figure sacramentelle du baptême, puisque les deux sont sources de justification : « Abraham reçut le signe de la circoncision comme sceau de sa justification par la foi. » (Rm 4,11). Mais l’une était le signe de la foi dans une promesse à venir, l’autre est le signe de la foi dans la réalisation de cette promesse.
  • Les multiples purifications pour les impuretés légales, les oblations religieuses des prêtres avant d’accomplir un acte sacré, étaient la figure du sacrement de pénitence.
  • L’agneau pascal et les pains de proposition, de même que les différents sacrifices pour les prêtres et pour le peuple, étaient des figures de l’Eucharistie.
  • L’onction donnée aux rois (à David) et prophètes (à Élysée) figurait la confirmation.
  • L’onction donnée aux prêtres figurait l’Ordre (Exode 30.22.30).

Le mariage, en tant que réalité naturelle, était institué depuis le jardin d’Éden. Mais c’est le Christ qui lui a rajouté une valeur surnaturelle en en faisant l’icône de son amour pour l’Église. Ainsi le mariage n’était pas un sacrement avant Jésus-Christ, mais une réalité « seulement » naturelle. De même, les onctions d’huiles pour les malades, pourtant attesté dans l’Ancien Testament, ne semblent pas devoir être comptés comme sacrement.

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Onction de David par Samuel

 Leur efficacité

Ces sacrements pré-pascaux n’avaient pas la même valeur que les sacrements post-pascaux : les uns figuraient une rédemption à venir comme à travers l’obscurité d’un symbole, les autres figurent une rédemption accomplie comme à travers la lumière de la résurrection. Ainsi, les uns opèrent ex opere operantis, c’est-à-dire à travers la foi de celui qui les recevaient, car c’est à travers la foi que ceux-ci pouvaient déceler l’espérance du saveur à venir, tandis que les autres agissent ex opere operat, c’est-à-dire en fonction des mérites accomplis par le Christ qu’ils symbolisent. La raison est la suivante : les uns n’ont pas été institués par le Christ et reçoivent leur valeur de la foi de celui qui les pratique, mais les autres ont été institués par le Christ recevoir de sa prière leur efficacité.

The vast majority of theologians teach that [the circumcision] was a sacrament and that it was instituted as a remedy for original sin ; consequently that it conferred grace, not indeed of itself (ex opere operato), but by reason of the faith in Christ which it expressed. « In circumcisione conferebatur gratia, non ex virtute circumcisionis, sed ex virtute fidei passionis Christi futurae, cujus signum erat circumcisio — quia scilicet justitia erat ex fide significata, non ex circumcisione significante » (Summa Theologiæ III:70:4).

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