Un ministre peut-il refuser un sacrement ?

mercredi 30 juillet 2014, par theopedie

En bref : Un ministre ne peut refuser un sacrement que pour un motif raisonnable.

 Administration des sacrements

Celui qui, en raison de sa fonction, a charge d’âmes, est tenu, non seulement en charité mais en justice stricte, d’administrer les sacrements aux fidèles qui lui sont confiés, quand ils les lui demandent raisonnablement (voir par exemple le cas des messes de binage). La demande est raisonnable

  • en danger de mort,
  • avant des fêtes importantes,
  • pour ne pas demeurer en état de péché mortel,
  • pour surmonter de graves difficultés spirituelles,
  • pour obtenir des indulgences.

Mais la demande est déraisonnable quand elle est faite par certains âmes scrupuleuses ou pieuse à des heures indues. La gravité du péché commis par le ministre est fonction du dommage spirituel causé. Mais celui-là pêche gravement qui assez fréquemment n’administre les sacrements qu’avec mauvaise humeur, et refuse par principe de les administrer les jours ordinaires ou aux malades à contre cœur.

Celui qui n’est pas tenu, en raison de sa charge, d’administrer les sacrements est tenu par charité mais non par précepte de justice. Même si la charité n’oblige pas ordinairement cum gravi incommodo, rappelons qu’en violant la charité, on peut aussi pécher gravement.

 Le refus des sacrements

Celui qui administre les sacrements à un indigne coopère au péché d’autrui. Mais il n’y a pas coopération dans certains cas.

  • À un pécheur occulte, on doit refuser les sacrements s’il les demande en secret. Mais s’il s’approche des sacrements en public, on doit les lui administrer en raison de son droit à la bonne réputation.
  • Si on connaît le péché par confession, il faut lui administrer les sacrements en raison du secret de la confession.
  • À un pécheur public, on doit toujours refuser les sacrements (sauf la confession).
  • À un fidèle engagé activement dans une association idéologique (communisme, LGBT, maçonnerie, etc).

 Réitération des sacrements

  • Il est interdit de réitérer un sacrement administré validement et qui n’a pas à l’être (pour le cas de l’onction des malades, voir ici).
  • Il est permis voir obligatoire de réitérer sous condition en cas de doute raisonnable sur la validité du sacrement.

 Simulation et dissimulation

  • La simulation est interdite, même au péril de sa vie.
  • La dissimulation est permis pour un motif grave.

Il peut être permis, au confessionnal, de faire un signe de croix sur un pénitent auquel on ne peut pas donner l’absolution, et de murmurer une parole de réconfort (mais non la formule sacramentelle) afin de préserver le secret de la confession. Pour un motif semblable, il est possible aussi de dissimuler une communion.

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