Un mauvais prêtre pèche-t-il en administrant les sacrements ?

mercredi 23 juillet 2014, par theopedie

En bref : Un mauvais prêtre (au sens de « prêtre en état de péché grave » ou « hérétique ») offense doublement Dieu : d’un part parce que Dieu est offensé par tout péché et d’autre part parce qu’un prêtre a reçu comme grâce d’état et comme mandat officiel d’être une icône de Jésus.

Le prêtre est, par sa vocation spéciale et par sa consécration sacramentelle à Dieu, le dispensateur de la grâce. Il a donc, en même temps qu’une obligation particulière, une vertu et une grâce particulière pour être saint à l’image de Dieu dans toute la conduite de sa vie. Le précepte du livre du Lévitique, un livre de Bible attaché aux prescriptions cultuelles, prend ici toute sa force : « Soyez saints comme moi je suis saint » (Lv 19,1), car le prêtre anticipe en même temps qu’il réalise le culte qui sera rendu dans la Jérusalem céleste, où Dieu sera servi sans tâche (Ap, 14,5).

Validité du sacrement

Notons qu’il n’est pas ici question de savoir si le sacrement est valide, mais si le sacrement est permis. Même si le sacrement, lorsque le prêtre est en état de péché grave, n’est pas permis, il est a priori valide. C’est ainsi que le ministre indigne cause un grave dommage à son âme, tout en ouvrant à autrui le trésor des grâces. Il est semblable à un flambeau qui éclaire les autres tout en se consumant lui-même.

Qualification du péché

A priori, si le ministre est en état de péché grave, il pèche gravement en administrant les sacrements, ajoutant peine sur peine. Mais il peut exister des circonstances où le prêtre ne pèche pas gravement :

  • si le prêtre conscient de son péché veut éviter un scandale public tout en ayant la ferme intention de se confesser au plus vite ;
  • si le fidèle est en danger de mort.

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