Tous les sacrements impriment-ils un caractère ?

samedi 16 août 2014, par theopedie

En bref : Les sacrements dans lesquels un caractère est imprimé ne sont pas réitérés, car un caractère est indélébile, comme indiqué ci-dessus. Il s’agit du baptême, de la confirmation et de l’ordination. Les autres sacrements sont réitérées, par exemple la pénitence et le mariage, et n’impriment donc pas de caractère.

L’article ci-dessous est tiré de la Somme de Théologie (IIIa, q63) de saint Thomas d’Aquin.

 Thèse

Comme nous l’avons dit, les sacrements de la loi nouvelle ont un double objet : le remède au péché et le culte divin. Or il est commun à tous les sacrements de fournir un remède contre le péché du fait qu’ils confèrent la grâce. Mais tous les sacrements ne sont pas ordonnés directement au culte divin ; il est évident, par exemple, que le sacrement de pénitence, qui délivre l’homme du péché, ne lui fournit rien de nouveau pour le culte divin, mais le rétablit dans son état premier.

Or, un sacrement peut se rapporter au culte divin de trois façons différentes :
dans l’action sacramentelle elle-même,
en lui fournissant des ministres ou agents,
en lui fournissant des bénéficiaires.

Le sacrement qui concerne le culte divin dans l’action sacramentelle elle-même, c’est l’eucharistie en quoi consiste comme en son principe le culte divin, du fait qu’elle est le sacrifice de l’Église ; et ce sacrement n’imprime pas de caractère en l’homme, car il ne l’ordonne pas à agir ou à recevoir ultérieurement dans l’ordre sacramentel, étant plutôt, selon Denys, « la fin et la consommation de tous les sacrements ». Cependant il contient le Christ lui-même, qui n’a pas le caractère, mais toute la plénitude du sacerdoce.

Ensuite, le sacrement qui se rapporte au culte divin pour lui fournir des ministres, c’est l’ordre, qui députe certains hommes à donner les sacrements.

Enfin, le sacrement qui se rapporte au culte divin pour lui fournir des bénéficiaires, c’est le baptême, car il donne à l’homme le pouvoir de recevoir les autres sacrements de l’Église ; aussi le nomme-t-on la porte de tous les autres sacrements. A cela aussi est ordonnée d’une certaine façon la confirmation, comme nous le verrons en son lieu.

Ainsi trois sacrements impriment un caractère le baptême, la confirmation et l’ordre.

 Objections et réponses

1. Il semble que le caractère est imprimé par tous les sacrements de la Loi nouvelle : parce que chaque sacrement de la loi nouvelle fait de l’homme un participant de sacerdoce du Christ. Mais le caractère sacramentel n’est rien d’autre qu’une participation au sacerdoce du Christ, comme déjà indiqué (3,5). Il semble donc que le caractère est imprimé par chaque sacrement de la loi nouvelle.

  • Par tous les sacrements l’homme est fait participant du sacerdoce du Christ, en ce sens qu’il en reçoit quelque effet ; mais tous les sacrements ne le députent pas au culte en qualité de membre actif ou passif du sacerdoce du Christ. Or, c’est cela qui est requis pour qu’un sacrement imprime un caractère.

2. En outre, un caractère peut être comparé à l’âme dans lequel il se trouve, comme une consécration pour celui qui est consacré. Mais par chaque sacrement de la Nouvelle Loi, l’homme devient le destinataire de la grâce sanctifiante, comme indiqué ci-dessus (question 62, article 1). Il semble donc que le caractère est imprimé par chaque sacrement de la loi nouvelle.

  • Par tous les sacrements l’homme est sanctifié en tant que la sainteté comporte la purification du péché, œuvre de la grâce. Mais, d’une façon plus spéciale, par certains sacrements qui impriment un caractère, l’homme est sanctifié par une consécration, en ce sens qu’il est député au culte divin ; de même que les objets inanimés sont dits sanctifiés par une semblable députation.

3. En outre, un caractère à la fois une réalité et un sacrement. Mais dans chaque sacrement de la loi nouvelle, il y a quelque chose qui est seulement une réalité, et quelque chose qui est seulement un sacrement, et quelque chose qui est à la fois la réalité et sacrement. Par conséquent, un caractère est imprimé par chaque sacrement de la loi nouvelle.

  • Bien que le caractère soit déjà réalité et encore sacrement, tout ce qui est tel n’est pas nécessairement caractère. Nous verrons plus loin, à propos des divers sacrements, ce qui est en eux déjà réalité et encore sacrement.

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