Sur quoi doit porter l’intention du ministre ?

lundi 28 juillet 2014, par theopedie

En bref : En réalisant un sacrement, l’intention du ministre doit porter sur « ce que veut faire l’Église » par ce sacrement.

L’intention sacramentelle peut porter sur plusieurs objectifs le même degré de perfection n’est pas le même suivant l’objectif considéré :

L’objectif matériel

On peut tout d’abord considérer le sacrement envisagé comme rite. L’intention consiste alors à vouloir poser et unir la structure verbale requise à la matière requise (par exemple : « Je te baptise... » et de l’eau). Cette intention est nécessaire mais non suffisante : la simple exécution de l’icône sensible, la simple réalisation du rite extérieur, alors même qu’elles sont faites extérieurement avec sérieux et dans les conditions convenables, sont et restent un acte purement naturel et profane.

On ne saurait ici arguer de l’adage ex opere operato car la grâce n’est produite que moyenne l’institution du Christ. Or les sacrements se réclament de cette institution par le moyen de l’intention du ministre.

L’objectif ministériel

Le ministre, en posant le sacrement, doit vouloir signifier ce que signifie les sacrements. Ceux-ci, en tant qu’icône vivante de la grâce, signifie une réalité surnaturelle et cette réalité surnaturel doit donc être l’objectif ultime de l’intention ministérielle (intentio interna).

Plus précisément, cet objectif est de transmettre la grâce du Christ par le biais du sacrement. Il faut donc que le ministre veuille agir en ministre du Christ. Si l’on veut dégager quelle intention minimale est exigible de la part du ministre, on pourra noter que « vouloir accomplir la volonté de Jésus Christ » est équivalent à « vouloir accomplir la volonté de l’Église » puisque l’union du Christ avec son Église signifie l’union de leurs volontés.

Ainsi, si le ministre a la volonté d’accomplir l’acte extérieur comme un rite ecclésiastique et religieux, c’est-à-dire dans le sens et dans l’intention de l’Église, il a la volonté d’accomplir par ce sacrement un acte chrétien, c’est-à-dire un acte voulu et institué par le Christ.

On donnera ici une portée minimale à « vouloir accomplir la volonté de l’Église » :

  • Il suffit que cet accord concerne le sacrement en question, à l’exclusion d’autres considérations, pour que ce sacrement soit valide. Le reste relève non plus de la validité mais de la dignité du sacrement.
  • Un ministre chrétien idéologue ou séparé (voire un non chrétien dans le cas du baptême) peut avoir cette intention : il ne lui est point demandé d’avoir la conviction ou la connaissance intime de ce qu’il fait à travers l’acte sacramentel, mais d’avoir le désir de faire ce que d’autres (l’Église) regardent et pratiquent comme un acte saint et religieux.

L’objectif surnaturel

L’intention peut enfin porter sur les effets du sacrement : la grâce et l’estampe spirituelle (caractère). Il n’est pas requis sous peine de validité que le ministre pense à ces effets : c’est la réalité ou l’existence du sacrement qui dépend de la puissance ministériel, non son efficacité qui dépend de la puissance d’excellence du Christ. Seule un obstacle de la part de celui qui reçoit le sacrement peut empêcher la fécondité de la grâce.

D’ailleurs, implicitement au moins, l’intention du ministre s’étend à ces effets, en tant que ces effets sont contenus dans le sacrement en tant qu’icône vivante de la grâce que le ministre a l’intention de réaliser. Évidemment encore, l’intention est d’autant plus parfaite et le sacrement plus digne que le ministre embrasse par son intention toute la profondeur de ce qu’il réalise.

Répondre à cet article