Un chrétien non-catholique peut se confesser à un prêtre catholique ?

mardi 3 juin 2014, par theopedie

En bref : A priori, le sacrement de réconciliation s’adresse seulement aux catholiques.

 Cas général

En dehors du danger de mort, on ne peut administrer aucun sacrement à ceux dont on ne peut supposer a priori qu’ils entrent dans une authentique démarche sacramentelle (il faut accepter de recevoir ce que donne l’Église à travers le sacrement), même s’ils le demandent et s’ils sont de bonne foi.

En cas de danger de mort, un chrétien non catholique peut être absous par un prêtre catholique, quand il est de bonne foi et ne peut être convaincu de son erreur. Mais il faut tout faire pour éviter le scandale.

En pratique, on évoquera avec le non catholique les actes de trois vertus théologales et de contrition, on l’amènera à reconnaître qu’il est un pécheur et on éveillera en lui le désir de se faire aider par le prêtre dans toute la mesure du possible ou du moins de faire tout ce que le Christ demande de lui. Autant que possible, on doit, pour plus de sûreté, lui faire faire un acte de contrition parfaite, lequel est suffisant pour être pardonné de ses péchés.

 Protestants et orthodoxes

  • les orthodoxes, étant proches de l’Église catholique et acceptant de recevoir ce que donne l’Église à travers les sacrements, peuvent parfois se confesser à un prêtre catholique si les conditions suivants sont respectées :
    • s’ils sont dûment disposés ;
    • s’ils se présentent de leur propre mouvement.
  • à cause des plus grandes divergences doctrinales, et parce qu’ils ne reconnaissent pas ce qu’est un sacrement, les protestants ne peuvent se confesser à un ministre catholique. Il faut en effet que les conditions suivantes soient respectées, ce qui est très rare :
    • danger de mort ou nécessité spirituelle ;
    • en accord avec les normes de l’Évêque ;
    • impossibilité de se rendre dans un culte de sa communauté ;
    • librement et de son propre mouvement ;
    • en ayant foi dans ce que l’Église dit des sacrements ;
    • être proprement disposé (repentance, désir de pénitence, etc).

Si les deux derniers points sont supposés vérifiés chez un orthodoxe, ils ne le sont pas chez un protestant. C’est à l’évêque qu’il revient de les vérifier.

P.-S.

Voici ce que dit le Code de Droit Canonique à ce sujet (la discipline vaut aussi pour l’onction des malades et la communion).

Can. 844 - § 1. Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements aux seuls fidèles catholiques qui, de même, les reçoivent licitement des seuls ministres catholiques, restant sauves les dispositions des §§ 2, 3 et 4 du présent canon et du can. 861, § 2.

§ 3. Les ministres catholiques administrent licitement les sacrements de pénitence, d’Eucharistie et d’onction des malades aux membres des Églises orientales qui n’ont pas la pleine communion avec l’Église catholique, s’ils le demandent de leur plein gré et s’ils sont dûment disposés ; ceci vaut aussi bien pour les membres d’autres Églises qui, au jugement du Siège Apostolique, se trouvent pour ce qui concerne les sacrements dans la même condition que les Églises orientales susdites.

§ 4. En cas de danger de mort ou si, au jugement de l’Évêque diocésain ou de la conférence des Évêques, une autre grave nécessité se fait pressante, les ministres catholiques peuvent administrer licitement ces mêmes sacrements aussi aux autres chrétiens qui n’ont pas la pleine communion avec l’Église catholique, lorsqu’ils ne peuvent pas avoir recours à un ministre de leur communauté et qu’ils le demandent de leur plein gré, pourvu qu’ils manifestent la foi catholique sur ces sacrements et qu’ils soient dûment disposés.

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