Qui peut recevoir l’onction des malades ?

vendredi 16 mai 2014, par theopedie

En bref : L’onction des malades peut être administrée au fidèle qui, parvenu à l’usage de la raison, commence à se trouver en danger de mort pour cause de maladie ou de vieillesse (code de droit canonique, c.1004.1)

La maladie et la vieillesse peuvent être une source d’angoisse : angoisse devant la mort, devant la souffrance. L’onction des malades est un sacrement visant à donner au malade un soutien spirituel et une aide appropriée devant cette épreuve. Le christ a lui aussi connu l’épreuve de la souffrance. Son exemple et sa grâce sont de puissantes sources de réconfort et de grâce.

Le sacrement des malades
Documentaire KTOTV
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L’onction des malades est ainsi naturellement proposée :

  • aux chrétiens baptisés (le réconfort que procure l’onction des malades trouve sa source en Jésus. Il faut donc croire en lui pour avoir part à la grâce de l’onction des malades)
  • parvenus à l’âge de la raison (l’usage de la raison est important pour comprendre ce qui se joue dans la maladie et dans le réconfort qu’apporte par ce sacrement)
  • se trouvant en danger grave, pour cause de maladie ou de vieillesse (On peut aussi proposer l’onction avant une opération médicale grave)
  • et ayant exprimé l’intention de recevoir ce sacrement

Voici ce que dit le manuel de rituel français :

Pour apprécier la gravité de la maladie, il suffit d’un jugement prudent, porté sans anxiété, ou scrupule, par ceux qui demandent ou qui proposent le sacrement. On pourrait éventuellement prendre un avis médical (RF 57)

Dans la majorité des cas, il sera donc raisonnable que le malade lui-même voit avec le prêtre à quel point son état de santé, atteint par la maladie ou la vieillesse, entraîne une situation difficile telle que, pour la vivre, il a besoin de nouvelles forces (RF 57).

 En cas de doute

  • Le malade a-t-il un usage suffisant de la raison ? (enfants)
  • Le danger est-il grave ?
  • Le malade est-il encore vivant ?
  • Le malade a-t-il l’intention de le recevoir ? (personne inconsciente).

En cas de doute, l’onction des malades sera conférée (code de droit canonique c. 1005). En particulier, l’onction des malades ne sera pas conférée sous condition. Concernant l’intention de recevoir le sacrement, le code de droit canonique est libéral :

Le sacrement sera donné aux malades qui, lorsqu’ils étaient conscients, l’ont demandé au moins implicitement (c. 1006, nous soulignons)

En clair : l’intention de recevoir le sacrement doit être présumée chez toute personne catholique baptisée ayant exprimé le souhait de vivre et de mourir chrétiennement.

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L’onction des malades

 Réitération

En cas d’évolution critique de la maladie ou de rechute après guérison, l’onction des malades peut être à nouveau proposée.

 Empêchement

Le code de droit canonique (c. 1007) stipule que les personnes n’étant pas en communion avec Dieu pour cause de péché grave, manifeste (connu publiquement) et persistent (absence de volonté de repentance) ne peuvent recevoir l’onction des malade. Ce canon est d’interprétation stricte (aucun doute ne doit être permis). Concernant les divorcés-remariés, B. David dit :

L’un des cas les plus fréquents sera sans doute celui du fidèle divorcé-remarié ; il me semble que pour l’onction des malades s’applique analogiquement la règle énoncée par le pape Jean Paul II : « On ne saurait toutefois nier que de telles personnes puissent en certains cas recevoir le sacrement de pénitence et la communion eucharistique si elles s’ouvrent dans la sincérité de leur cœur à une forme de vie qui ne s’oppose pas à l’indissolubilité matrimoniale : cela se vérifie quand un homme et une femme, qui ne peuvent maintenir l’obligation de la séparation, prennent l’engagement de vivre en complète continence et quand, d’autre part, il n’en résulte pas de scandale ».

P.-S.


Cet article est un résumé de « L’onction des malades » de B. David, dans Lumière et Vie (1994).

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