Qui peut recevoir des funérailles chrétiennes ?

lundi 12 mai 2014, par theopedie

En bref : Les funérailles chrétiennes prennent leur sens dans la foi en la résurrection par Jésus Christ. Des funérailles chrétiennes n’ont donc de sens que si le défunt partageait cette foi ou été appelé à la partager (cas des enfants).
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Ainsi, des obsèques religieuses sont possibles pour :

  • les baptisés,
  • les catéchumènes (ceux qui se préparent au baptême et qui, à ce titre, font déjà partie de l’Église),
  • toute personnes ayant exprimé le projet de se faire baptiser,
  • les enfants morts sans baptême (si les parents avaient l’intention de les faire baptiser).

Cas particuliers

Chrétiens non catholiques

Il est possible d’accorder des funérailles catholiques à un chrétien non catholique, « à moins que leur volonté contraire ne soit manifeste et à condition que leur propre ministre ne puisse pas être disponible » (code de droit canonique, canon 1183,2)

Personnes suicidées

Avant le concile Vatican II, les obsèques étaient conditionnées par la situation religieuse du défunt et par suite divorcés remariés et suicidés en étaient privés. Actuellement et depuis la réforme liturgique, la cérémonie répond à la demande, motivée par la foi, de la famille. Les suicidés peuvent donc avoir des obsèques chrétiennes et il n’y a pas de différence dans la cérémonie. Le canon 1184 du nouveau code de droit canonique de 1983 ne mentionne plus les suicidés parmi les pécheurs manifestes auxquels on ne peut accorder les funérailles ecclésiastiques". Il appartient à l’ordinaire du lieu de dialoguer avec les proches du défunt pour voir ce qui apparaîtra comme étant le plus opportun.
Voici ce que dit le Catéchisme de l’Église Catholique :

« On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont donné la mort. Dieu peut leur ménager, par les voies que Lui seul connaît, l’occasion d’une salutaire repentance. L’Eglise prie pour les personnes qui ont attenté à leur vie. » (Catéchisme de l’Eglise catholique, n°2283)

Divorcés-remariés

La question des funérailles des personnes divorcées-remariées est, toute chose égale par ailleurs, comparable à la question des personnes suicidées. Elle admet une réponse semblable.

Cas d’interdiction

Voic ce que dit le code de droit canonique :

Can. 1184 - § 1. Doivent être privés des funérailles ecclésiastiques, à moins qu’ils n’aient donné quelque signe de pénitence avant leur mort :

  • les apostats, hérétiques et schismatiques notoires ;
  • les personnes qui auraient choisi l’incinération de leur propre corps pour des raisons contraires à la foi chrétienne ;
  • les autres pécheurs manifestes, auxquels les funérailles ecclésiastiques ne peuvent être accordées sans scandale public des fidèles.

§ 2. Si quelque doute surgit, l’Ordinaire du lieu, au jugement duquel il faudra s’en tenir, sera consulté.

Can. 1185 - Toute messe d’obsèques doit être aussi refusée à la personne exclue des funérailles ecclésiastiques.

En cas de doute, il appartient donc à l’évêque de se prononcer. L’interdiction des funérailles ne signifie toutefois pas l’interdiction de prier pour le défunt. Un temps de prière peut donc être aménagé à l’Église pour son salut et pour implorer la miséricorde de Dieu, mais sans la présence de son corps, laquelle signifierait la communion du défunt et de l’Église.

Funérailles non-chrétiennes

Les funérailles dans une église n’ont de sens que par rapport à la foi chrétienne. Si le défunt ne partage pas cette foi, des funérailles à l’Église ne sont pas a priori opportunes. Il est toutefois possibles d’aménager une cérémonie d’adieu « épurée ». Mais il faut demander l’autorisation à l’évêque et éviter toute ambiguïté avec des funérailles civiles.

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