Qui peut oindre les malades ?

vendredi 16 mai 2014, par theopedie

En bref : Seul le prêtre ou l’évêque peuvent oindre sacramentellement les malades. Cette doctrine est definitive tenenda (définitive). Ni les diacres, ni les laïcs ne peuvent donc exercer ce ministère.

Le code de droit canonique stipule (can. 1003.) que seuls les prêtres ou les évêques peuvent être ministres du sacrement de l’Onction des malades. Le pape Benoît XVI dans une Note relative au Ministre du Sacrement de l’Onction des Malades justifie ainsi ce canon :

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Saint Jacques

La théologie catholique a vu dans la Lettre de Jacques (vv. 5, 14-15) le fondement biblique du Sacrement de l’Onction des Malades. L’auteur de la Lettre, après avoir donné divers conseils concernant la vie chrétienne, offre également une règle pour les malades : « Quelqu’un parmi vous est-il malade ? Qu’il appelle les presbytres de l’Église et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis ». Dans ce texte, l’Église, sous l’action de l’Esprit Saint, a trouvé au cours des siècles les éléments essentiels du Sacrement de l’Onction des Malades, que le Concile de Trente (Sess. XIV, chap. 1-3, can. 1-4 : DS 1695-1700, 1716-1719) propose de façon systématique : a) sujet : le fidèle gravement malade ; b) ministre : « omnis et solus sacerdos » ; c) matière : l’onction avec l’huile bénite ; d) forme : la prière du ministre ; e) effets : grâce salvifique, pardon des péchés, soulagement du malade.

La note continue ainsi :

Les paroles grecques de la Lettre de Jacques (5, 14), que la Vulgate traduit « presbyteros Ecclesiae », en harmonie avec la tradition, ne peuvent pas se référer aux anciens de la communauté en raison de leur âge, mais à la catégorie particulière de fidèles que, par l’imposition des mains, l’Esprit Saint avait désigné pour paître l’Eglise de Dieu.

Autrement dit, s’il y a ambiguïté sur l’expression de saint Jacques « Qu’il appelle les presbytres de l’Église », la tradition et la pratique primitive de l’Église permettent de lever cette ambiguïté. Parmi les documents de la tradition assimilant presbytres et prêtres, citons :

  • lettre du Pape Innocent I à Decenzio, Evêque de Gubbio (19 mars 416).
  • des témoignages de Césaire d’Arles et de Bède le Vénérable
  • Gratien dans son Decretum (1140 environ)
  • le Concile de Florence, dans la Bulle Exsultate Deo (22 novembre 1439).

Pour plus de précisions, nous renvoyons à la note de Benoît XVI.

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