Qui gouvernait le pays de Jésus ?

samedi 25 mai 2013, par theopedie

Pendant plusieurs milliers d’années, sauf quelques épisodes d’indépendance (David, les Macchabées), les juifs furent successivement envahis par les grands empires voisins : l’Égypte, la Syrie, Babylone, la Perse, la Grèce, et, au temps de Jésus, les Romains. Ceux-ci contrôlaient alors tout le pourtour de la Méditerranée, et donc la Palestine.

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 L’empire romain

Le système romain mélangeait à la fois traditions locales et pouvoir central : le gouvernement juif devait répondre de ses actes devant le gouverneur local, qui lui-même, devait répondre de ses actes devant l’empereur romain.

Si donc le gouvernement romain contrôlait in fine le pouvoir, et les légions romaines se chargeaient de temps à autre de le rappeler, il pratiquait aussi et surtout un syncrétisme religieux et politique. Ainsi, il tolérait et respectait toutes sortes de croyances religieuses, d’enseignements philosophiques et de types de gouvernements, pourvu qu’ils soient ultimement compatibles avec le système romain. Les juifs pouvaient par exemple percevoir leur propre impôt et avoir leur propres coutumes religieuses.

Malgré cette tolérance, les Juifs restaient cependant très méfiants envers les Romains et leur vouaient souvent une haine farouche : ils vivaient leur situation comme une occupation étrangère. Certains juifs, les « zélotes », menaient de véritables campagnes armées contre les Romains. Des révoltes parcouraient régulièrement le pays : en 70, le temple de Jérusalem, symbole de la résistance juive, sera détruit par les légions romaines.

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 Le gouverneur local

Concrètement, ce n’était pas le pouvoir central romain qui administrait localement les régions qu’il contrôlait. Cette tâche était déléguée à des gouverneurs locaux : Hérode le grand au temps de la naissance de Jésus. Et, lorsque Jésus était adulte, Hérode Antipas (qui gouvernait la Galilée), Philippe son frère (qui gouvernait la Pérée et l’Idumée) et Ponce Pilate (qui gouvernait la Samarie et la Judée).

Ces gouverneurs n’étaient pas aimés : Hérode le grand, qui n’était pas juif d’origine, avait par ses maladresses excité le ressentiment de ses fidèles et les revendications nationalistes. Il avait par exemple installé des idoles interdites dans le temple juif. Hérode Antipas vivait une situation matrimoniale interdite et était critiqué par les milieux traditionalistes. Ponce Pilate multipliait les maladresses diplomatiques, tantôt réprimant trop sévèrement les révoltes, tantôt utilisant l’argent du temple à des fins non religieuses. La société vivait dans un climat de tensions latentes et d’hostilité envers ses dirigeants.

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 Le gouvernement local

Le gouvernement local était assuré par le sanhédrin et les élites politiques du pays, lesquelles devaient répondre de leurs actes devant Ponce Pilate et Hérode Antipas. Le Sanhédrin, c’est-à-dire, le grand conseil, était présidé par le grand-prêtre : il regroupait les grandes familles sacerdotales juives et les spécialistes de la Loi. Ceux-ci avaient comme charge de faire respecter les traditions locales et géraient l’impôt religieux juif. Le Sanhédrin pouvait agir comme un tribunal, mais les peines de mort étaient réservés à l’administration romaine. L’action du Sanhédrin à Jérusalem était relayé en province par les synagogues.

La vie politique du pays était dominée par deux tendances :

  • Les pharisiens formaient le groupe le plus important. Ils prônaient le respect strict de la loi de Moïse et le respect des traditions. Plus proche du peuple, ils en étaient pourtant encore séparés par une certaine mentalité intégriste. On parlerait aujourd’hui de fondamentalistes.
  • Les Sadducéens formaient un second groupe, moins important et quelque peu cantonné à l’intelligenstia riche de Jérusalem. Issus des milieux légitimistes (ils ne reconnaissaient que l’autorité de Sadoc, un ancien grand prêtre), ils promouvaient à l’époque de Jésus, une certaine forme de coopération avec les Romains, étaient ouvert à l’hellénisme et ne partageait pas la ferveur religieuse de leurs compatriotes.

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