Qui étaient les amis de Jésus ?

lundi 24 juin 2013, par theopedie

Jésus ouvrait son amitié à quiconque pratiquait son enseignement. Pour Jésus, ce lien de maître à élèves était plus important que les liens familiaux ou les amitiés quotidiennes :

Comme Jésus parlait encore à la foule, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu’un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui cherchent à te parler. » Jésus répondit à cet homme : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une sœur et une mère. »

Mt 12:46-50

Ainsi, en premier lieu, les amis de Jésus étaient toutes ces personnes qui déclaraient ouvertement pratiquer son enseignement, qui le suivaient ou qui le recevaient : les 12 apôtres, les femmes disciples (Suzanne, Marie, Marie-Salomé), ses amis proches (Marthe, Marie, Lazare). Mais, au sens large, les amis de Jésus étaient beaucoup plus nombreux :

  • Parmi les exclus de la société, Jésus était reconnu : sa charité envers les criminels, envers les prostituées, envers les collaborateurs (les collecteurs d’impôt), les guérisons de lépreux faisaient de lui quelqu’un de peu recommandable, mais l’entouraient d’un prestige évident.
  • Parmi les classes populaires, Jésus était admiré : ses talents de guérisseurs, sa proximité avec les gens, son attention envers les enfants, envers les femmes, envers les veuves et envers les laissés pour compte, son enseignement compréhensible par tous et offrant une possibilité de rachat et de bonheur le rendaient proches des gens. Les Évangiles racontent que Jésus était suivi par des foules considérables et que sa réputation dépassait largement les frontières d’Israël.
  • Parmi la classe ouvrière, les artisans de Galilée semblaient proches de Jésus. Telle est en tout cas la leçon qu’il faudrait retenir du nombre de pécheurs présents parmi les disciples de Jésus. De même, le nombre de paraboles parlant des travaux des champs semble indiquer une certaine proximité avec les agriculteurs. Jésus avait la réputation d’être un bon vivant (« un glouton et un ivrogne » disaient ses adversaires) et de fréquentes scènes bibliques montrent Jésus mangeant ou faisant la fête avec des gens issus probablement des classes moyennes.
  • Parmi les groupes religieux, si Jésus n’était proche ni des pharisiens, ni des sadducéens, il était néanmoins fortement lié avec le groupe de Jean le Baptiste. Certains de ses disciples avaient été disciples de Jean le Baptiste, et à la mort de Jean, on voit ses disciples prévenir Jésus.
  • Jésus semble avoir entretenu quelques liens avec les groupes révolutionnaires : au moins un de ses disciples (Simon le zélote) était un ardent nationaliste. Son titre de Saint et sa popularité faisaient de lui le chef potentiel de tous ceux qui attendaient la venue d’une libérateur. Ainsi, à son entrée à Jérusalem, Jésus fut acclamé comme roi des juifs. Nul doute néanmoins que la non-violence de Jésus l’empêchait d’entretenir de véritables relations avec ces groupes terroristes. Les Évangiles suggèrent plus un malentendu qu’une véritable proximité.
  • Parmi la classe dirigeante, certaines personnes se sentaient redevables envers Jésus pour une raison ou une autre (le centurion romain, Jaïre) ou se sentaient en consonance avec son enseignement (Nicodème, Jeanne). Toutefois, la classe dirigeante n’adhérait pas à Jésus car elle voyait en lui un dangereux révolutionnaire : il s’agissait donc tout au plus de quelques individus qui, de ce fait, devenaient mal vus du reste de leur classe.

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