Qui bénéficie des fruits du sacrifice eucharistique ?

mercredi 24 décembre 2014, par theopedie

En bref : Le sacrifice eucharistique a pour fin principale la glorification de Dieu. Toutefois, si « nos chant n’ajoutent rien à ce que Dieu est, ils nous rapprochent de lui », et alors même que « Dieu n’a pas besoin de nos prières, c’est lui qui les inspire » (Préface commune). Ainsi, si le sacrifice est d’abord tourné vers Dieu, il bénéficie de ce fait même aux hommes.

En vertu de son institution divine, l’Eucharistie est un sacrifice de propitiation et d’impétration en faveur de l’homme. De ce fait, elle possède ex opere operato une efficacité objective intrinsèque. Mais afin que les satisfactions et les mérites de Jésus Christ soient appliqués à telle ou telle personne, il faut encore que le sacrifice soit, en quelque sorte, « conduit » jusqu’à ces personnes. De là découlent quelques conditions.

1) Tandis que les sacrements ont été d’abord institués pour le salut de l’homme, les sacrifices ont été institués en premier lieu pour la glorification de la majesté divine. Aussi, tandis que dans le sacrement, réception du sacrement et application des fruits sont indissociables, le sacrifice doit être en plus offert par un sacrificateur à une intention particulière.

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Le sacrifice de la messe

2) De plus, ceux pour qui le sacrifice est offert doivent être en état de recueillir les différents fruits, lesquelles demandent des dispositions diverses. Et la disposition morale de l’homme n’est pas la moins importante de ces dispositions, elle qui permet de recueillir les fruits dans une plus ou moins grande mesure.

 Selon ce qui est demandé

  • Les fruits du sacrifice eucharistique ne peuvent être recueillis dans tout leur ensemble que par les baptisés, vivants et doués de la raison.
  • La rémission des peines dues au péché demande le baptême et l’état de grâce ;
  • l’apaisement de la colère divine irritée contre le péché (propitiation) et la demande de dons utiles à la conversion ne demandent aucune disposition particulière (étant sauve la nécessaire coopération de l’homme à son propre salut).
  • La demande de grâces particulières est laissée à l’arbitrage divin qui agit en fonction des dispositions de l’homme et selon une pédagogie qui lui appartient en propre.

 Selon le degré de participation au sacrifice messe

  • Le fruit général de la messe échoit à l’Église entière, dans la mesure où l’Église est le corps mystique du Christ. A cette source commune, chaque fidèle puise d’autant plus abondamment qu’il y est dignement disposé et qu’il s’unit à ce sacrifice. Par extension, le fruit général de la messe s’étend à l’humanité entière pour la conversion de ceux qui sont en dehors de son unité.
  • Les fruits particuliers profitent enfin à des personnes particulières : les fidèles qui participent, celui pour qui l’intention est dite, le prêtre célébrant qui offre le sacrifice (Hébreux 5, 3).
  • Pour un excommunié, la messe ne peut être dite que privativement et s’il n’y a pas crainte de scandale. Le sacrifice ne peut être offert que pour sa conversion.

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