Qui a été crucifié avec Jésus ?

lundi 22 juillet 2013, par theopedie

Le bon larron
Extrait de Jésus de Nazareth de Zeffirelli
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A côté de Jésus, deux « brigands » furent crucifiés, l’un à sa gauche, l’autre à sa droite (Mt 27,38). On sait peu de choses de ces brigands sinon qu’il s’agissait probablement de deux terroristes anti-romains. En effet, le terme qui sert à les désigner dans les évangiles est le même que celui qui auparavant avait servi à désigner Barabbas, un terroriste notoire : lestes en grec, c’est-à-dire « brigands ». Et s’ils furent crucifiés en même temps que Jésus, c’est probablement parce que leurs crimes étaient identiques, à savoir celui de s’être élevé contre Rome. Le caractère particulier du crime de Jésus et sa réputation lui valurent toutefois en plus un panneau indiquant son motif de condamnation. Sur ce panneau était inscrit de manière ironique : « Celui-ci est le roi des juifs ».

Le fait d’entourer Jésus de deux brigands participait aussi à une mise en scène destinée à parodier la dignité royale juive : après avoir durement cravaché Jésus, les soldats romains l’avaient couronné d’épines, revêtu d’un manteau pourpre et donné comme sceptre un roseau avec lequel ils le frappaient en l’insultant. Ils dressaient maintenant son trône de gloire, fait d’un poteau de supplice, et lui donnait comme gardes du corps deux révolutionnaires mourrants.

On raconte que l’un des ces brigands adeptes de la violence politique se moquait de Jésus en qui il voyait probablement un idéaliste naïf tandis que l’autre reconnut ses erreurs et vit en Jésus le vrai roi :

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La crucifixion
atelier de Giotto, Louvre, 1330

L’un des malfaiteurs suspendus en croix l’insultait en disant « N’es-tu pas toi-même le Saint ? Libère-toi toi-même et nous avec ! » Mais l’autre lui fit des reproches : « Ne crains-tu pas le Créateur, toi qui subis la même punition ? Pour nous, cette punition est juste, car nous recevons ce que nous avons mérité par nos actes ; mais lui n’a rien fait de mal. » Puis il ajouta : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras pour être roi. » Jésus lui répondit : « C’est en vérité que je te le dis : aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis. »

Luc 23,39-43

La réponse de Jésus reste pleine de mystère, mais elle indique que Jésus était sûr d’être en communion avec le Créateur et d’entrer après sa mort au paradis. Elle montre aussi la manière dont Jésus se représentait sa royauté : c’était celle d’une vérité à la fois juste (un crime mérite une punition) et miséricordieuse (un criminel ne se réduit pas à sa punition et peut être racheté). Ce brigand, surnommé dans la tradition chrétienne « Le bon larron », est ainsi devenu le symbole de l’espérance, « la certitude que même après une vie d’erreurs, la prière qui implore la bonté de Dieu n’est pas vaine » (Benoît XVI).

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