Quels sont les piliers de la religion selon Jésus ?

lundi 10 juin 2013, par theopedie

Dans l’évangile selon Matthieu, lors du discours appelé « le sermon sur la montagne », Jésus recense les trois éléments les plus importants selon lui de la religion : l’aumône, la prière et le jeûne. Jésus ne donne pas de techniques et de règles particulières sur l’art et la manière de faire l’aumône, la prière et le jeûne. Par contre, il insiste sur la pureté des motivations religieuses qui doivent pousser les hommes à pratiquer ces trois piliers. Celui qui pratique ces trois piliers doit faire attention à rechercher la gloire de Dieu et non la sienne. Il doit cultiver le mystère de Dieu et la vertu intérieure, et non une certaine forme de suffisance morale.

 L’aumône

Lorsque tu fais la charité, ne vas pas le fanfaronner comme le font les hypocrites dans les salles de prière et dans les rues afin d’être applaudis par les hommes. En vérité, je te le dis : ils ont déjà touché leur récompense. Toi, lorsque tu fais la charité, que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite, afin que ta charité reste un mystère et ton Père, qui voit ce qui est mystérieux, te le revaudra.

Mt 6, 2-4

Le mot grec qui désigne l’aumône est ἐλεημοσύνη. On pourrait aussi le traduire, en français courant, par la « charité », comme dans l’expression « faire la charité ». La pratique de la charité, selon Jésus, doit être caractérisée par une générosité secrète, et une surabondance dans le don : « Donnez, et vous recevrez : une mesure bien pleine, tassée, secouée, débordante, qui sera versée dans votre tablier ; car la mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous » (Lc 6:38)

 La prière

Et lorsque vous priez, ne fais pas comme les hypocrites qui aiment prier dans les salles de prière et aux carrefours pour se faire remarquer des hommes. En vérité, je vous le dis : ils ont déjà touché leur récompense. Pour toi, lorsque tu pries, retire-toi dans ta chambre, ferme la porte et prie ton père qui habite le mystère. Et ton père, qui voit ce qui est mystérieux, te le revaudra. Et lorsque vous priez, ne faites pas comme les hypocrites qui pensent que c’est à force de paroles qu’ils seront exaucés. Ne les imitez donc pas car votre père sait de quoi vous avez besoin avant même que vous ne le lui demandiez.

Mt 6, 2-4

Pour Jésus, la prière est le pilier central de la religion. La prière ne doit pas être une arme sociale comme parfois les prières de rue le sont. Ce n’est pas non plus un sujet de gloire personnel. Jésus met l’accent sur le mystère, l’intimité, la spontanéité et la confiance qui doit unir dans la prière la Créateur et la créature. Pour guider la prière de ses disciples, Jésus a laissé un modèle de prière : le « Notre Père ». Pour lui, cette prière contient toutes les formes de prière possible et chacune de demandes adressées à Dieu doit pouvoir, de près ou de loin, trouver un écho dans le Notre Père.

 Le jeûne

Et lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre comme le font les hypocrites : ils prennent des traits fatigués pour que tout le monde voit qu’ils jeûnent. En vérité, je vous le dis : ils ont déjà touché leur récompense. Toi, lorsque tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais seulement à ton père qui habite le mystère, et ton père, qui voit ce qui est mystérieux, te le revaudra.

Mt 6, 2-4

Le jeûne désigne d’abord la privation volontaire de nourriture. Mais en sens large, il peut désigner toute forme d’ascèse, c’est-à-dire la privation volontaire de tout ce dont l’homme désire ou a besoin : désir sexuel, nourriture, confort et loisirs, etc. Pour Jésus, le jeûne n’est pas un moyen de s’attirer la reconnaissance des hommes, une technique d’art martial dans lequel on peut devenir un maître reconnu. Le jeûne est une discipline de vie personnelle visant à rendre heureux. Il s’agit de remettre avec force et violence les choses à leur juste place en maîtrisant ses pulsions : d’abord Dieu, ensuite le corps.

On fera attention à ne pas condamner à la lecture de ses textes les liturgies publiques ni les organisations caritatives, ni les écoles d’ascèse chrétienne. Celles-ci ont une valeur politique, économique et pédagogique. Toutefois, il n’en reste pas moins vrai que leur valeur religieuse s’appuie sur une rectitude et une générosité qui, elle, reste intérieure et secrète.

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