Quels sont les péchés réservés ?

mercredi 11 juin 2014, par theopedie

 Délits et peines ecclésiasitiques

peines latae sententiae

On distingue la peine ferendae sententiae (peine suite à un jugement formel et la peine latae sententiae (peine automatique suite à un péché commis). On distingue les peines suivantes :

  • excommunication (on ne peut exercer de responsabilités ecclésiastiques, ni recevoir ou administrer un sacrement) ;
  • interdit (on ne peut ni administrer ni recevoir les sacrements) ;
  • la suspense (un ministre ne peut plus ni gouverner ni sanctifier).
Peines latae sententiae
DélitsPeinesCanon
Profanation des espèces consacrées Excommunication 1367
Violence contre le pape Excommunication 1370
Absolution du complice Excommunication 1378
Violation directe du secret sacramentel Excommunication 1388
Apostasie, hérésie et schisme Excommunication 1364
Avortement Excommunication 1398
Divulgation par les médias d’une confession Interdit Décret de 1998
Violence physique contre un évêque Interdit 1370
Simulation de sacrements Interdit 1378
Fausse dénonciation de sollicitation au péché (scandale) Interdit 1390
Mariage d’un(e) religieux(se) Interdit 1394
Mariage d’un clerc Suspense 1394
Ordination d’un clerc sans dimissoriales Suspense 1383

Irrégularités

Pour le mariage, le prêtre peut dispenser des irrégularités :

  • en cas de danger de mort,
  • s’il y a urgence, étant donnée la préparation de la noce (si la dispense est concédée au for interne non sacramentel, le ministre doit informer le diocèse qui en gardera trace dans ses archives secrètes).

Pour l’ordination des ordres, l’ordinaire peut dispenser des irrégularités sauf :

  • les irrégularités suites à une peine judiciaire,
  • s’il y a délit public (apostasie, mariage, etc),
  • pour un délit d’homicide ou d’avortement.

Moeurs

Le délit de pédophilie ou de rétention d’images pédophiles de la part d’un ministre ordonné est réservé au jugement de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi.

 L’imputabilité

Le délit ne suffit pas à entraîner la peine latae sententiae. Il faut aussi qu’il y ait imputabilité. Ainsi, quelqu’un ne peut être frappé d’aucune peine ecclésiastique si :

  • il n’a pas 16 ans accomplis (ou 18 ans si la date de la majorité est 18 ans) ;
  • il ignorait qu’il y avait transgression ou se trompait ;
  • il a agi sous contrainte ou suite à une circonstance imprévisible entravant sa liberté ;
  • il a agi poussé par une crainte grave (même relative), ou a cru être dans une telle circonstance ;
  • il a agi de manière proportionnée, en état de légitime défense ;
  • il était privé de l’usage de sa raison.

Pour les peines latae sententiae, il y a de plus défaut d’imputabilité du pénitent si :

  • il n’a pas la majorité civile ;
  • il ignorait qu’il y avait transgression ou se trompait ;
  • il a agi sous contrainte ou suite à une circonstance imprévisible entravant sa liberté ;
  • il a agi poussé par une crainte grave (même relative), ou a cru être dans une telle circonstance ;
  • il a agi en état de légitime défense, même de manière disproportionnée ;
  • il était privé de l’usage de sa raison, ou n’était pas dans les circonstances physiologiques permettant à sa raison de délibérer sans entrave.

Ni l’ignorance crasse, ni l’ébriété recherchée volontairement pour commettre le délit, ni la passion volontairement cultivée ne peuvent être des excuses. Même si les conditions ci-dessus ne sont pas remplies et qu’il n’y a donc ni excommunication, ni interdit, ni censure automatiques, on se rappellera tout de même que de tels péchés sont graves et privent de facto du droit de communier.

 Absolution

Cas général

  • La censure n’empêche pas de recevoir l’absolution.
  • L’interdit ou l’excommunication empêchent de recevoir l’absolution.

Certains personnes peuvent lever la peine :

  • par leur office ou leur pouvoir (l’ordinaire du lieu, le chapelain pénitencier, l’évêque, sauf les 5 premiers cas qui sont réservés à Rome) ;
  • en cas de danger de mort ;
  • au for interne sacramentel, avec obligation de mentionner le cas à l’ordinaire du lieu, étant sauve la clause d’anonymat.

Dispense diocésaine

L’évêque peut octroyer une faculté pour relever de la dispense ecclésiastique. Généralement, cela concerne l’avortement. Le droit peut varier en fonction des diocèses. Pour le diocèse de Lyon par exemple, tout prêtre muni de la faculté de confesser peut relever de la peine latae sententiae suite à un avortement, avec obligation de mentionner le nombre de telles absolutions une foi par an au chapelain ou à l’archevêque.

2 Messages

  • Quels sont les péchés réservés ? Le 4 septembre 2015 à 12:52, par Guy de Ryckel

    Le nombre de prêtres catholiques dans le monde -250 , en 2010 , dans un seul
    diocèse aux Etats-Unis- devrait interroger PLUS l’Eglise au plus haut niveau, non seulement pour sanctionner ceux-ci et les amener au repentir
    réel, mais pour corriger DANS L’EGLISE ce que cette tendance signifie à mon avis : Dieu demande-t’il vraiment à ceux qu’il appelle au sacerdoce de se mutiler sexuellement ? Dieu n’a-t’il pas créé l’homme, male et femelle, faisant du mariage le sommet de sa création ? A certains, hommes et femmes, Il propose
    la virginité consacrée, ce sont les religieux et religieuses ; mais le charisme sacerdotal ne comprend pas de soi cet autre charisme, celui du célibat consacré
    volontaire ! De plus, si l’on réfléchit à partir de l’Evangile (exemple de Marie- Madeleine) rien ne s’oppose à reconnaître ce charisme sacerdotal chez les femmes, ni à considérer comme normal le mariage de ceux et celles en qui
    l’évêque reconnaît le charisme sacerdotal.
    Peut-être le prochain ou un prochain synode pourrait-il se pencher sur ces
    questions me semble-t’il urgentes ?
    Merci, je suis prêtre diocésain, depuis 45 ans, agé de 83 ans

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    • Quels sont les péchés réservés ? Le 4 septembre 2015 à 14:24, par theopedie

      Je suis d’accord avec vous pour dire que le nombre de prêtres pédophiles est à lui seul un scandale et dénote probablement un problème de fond. La question reste de savoir si c’est le reflet d’un époque qui peine sur les questions d’ordre sexuel ou s’il y a un problème de discernement.

      Ce qui est sûr, c’est qu’un prêtre peut/pourrait être un homme marié, et que la vocation religieuse n’est pas la vocation sacerdotale. Je pense en revanche que l’ouverture du sacerdoce aux femmes n’est pas possible pour des raisons théologiques, mais que l’on pourrait leur ouvrir le diaconat, ce qui probablement serait une belle manière d’équilibrer certains rapports ecclésiastiques.

      Dans le Christ,

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