Quels sont les effets particuliers de la communion eucharistique ?

mercredi 31 décembre 2014, par theopedie

Le fruit propre de la sainte communion est de rendre les fidèles conformes à Jésus Christ par l’union la plus intime avec lui, par une plus grande disposition à la charité et par un accroissement de la ferveur amoureuse envers notre sauveur. C’est en cela que consiste l’alimentation de la vie spirituelle. Mais cette efficacité est tellement riche qu’elle renferme tout un ensemble d’effets particuliers qu’on explique d’ordinaire en les comparant aux effets produits sur la vie du corps par les aliments matériels. Par analogie avec la nourriture corporelle, on distingue ainsi un quadruple effet :

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L’eucharistie
Jan Davidsz de Heem

1) Sustentation et entretien de la vie spirituelle : l’eucharistie entretient la vie spirituelle déjà existante et la préserve de la ruine, sans toutefois redonner aux pécheur l’état de grâce (la confession est pour cela nécessaire), d’où la nécessité de s’examiner soi-même (1 Corinthiens 11, 27). Ainsi, si l’eucharistie ne remet pas les péchés mortels (sauf exception, cf. article consacré), elle en préserve en fortifiant l’âme du pécheur repentant mais demeuré fragile. Elle est le pain qui « fortifie le cœur de l’homme ».

2) Augmentation du dynamisme spirituel, qui va de grâces en grâces et de vertus en vertus. A la différence des autres sacrements, l’eucharistie ne se borne point à développer la vie de grâce dans tel but particulier, mais vise le plus haut et le plus parfait, parce qu’elle donne à l’ensemble des vertus son plus magnifique épanouissement en excitant la charité, la plus grande de toutes les vertus (1 Corinthiens 13, 13), le lien de la perfection (Colossiens 3, 14), l’accomplissement de la loi (1 Corinthiens 13, 1-2),

3) Réparation ce qui a été perdu, à savoir la ferveur amoureuse envers Dieu et son Église. Comme l’eucharistie enflamme la ferveur de la charité, elle peut délivrer des « fautes quotidiennes » (Concile de Trente). Les actes fervents de la charités, inspirés par la grâce sacramentelle, renferment à tout le moins la détestation implicite des fautes vénielles, et ces fautes légères sont ainsi effacés. Pour le mode d’efficacité de cette rémission, voir article consacré.

4) Délectation par la consolation spirituelle qu’elle procure et par contemplation de la sagesse divine qui s’offre comme aliment, la jouissance de la douceur et de la bonté divine. C’est là le festin annoncé par le prophète (Esaïe 25, 6), la manne véritable (Sagesse 16, 6). En réponse à cette délectation, le fidèle doit faire éclater sa joie et son cantique d’action de grâce (Psaumes 16, 5). Si l’eucharistie nous délivre de nos faiblesses en nous fortifiant, il en résulte un certain bonheur surnaturel, car le bonheur résulte d’une activité proprement ordonnée.

2 Messages

  • Cher frère,

    Si tout ce que vous dites est vrai, j’ai du mal à comprendre comment peut-on interdire la communion à quelqu’un.

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    • L’article reprend ici une théologie traditionnelle en matière eucharistique. Seulement, ces fruits présupposent de la part du communiant l’état de grâce. Pour le dire autrement, ils accroissent le dynamisme spirituel, mais ne lui redonnent pas vie.

      Permettre à quelqu’un qui n’est pas en état de grâce de communier, ce serait lui faire croire qu’il est en communion avec Dieu alors que cette communion a été brisée par un péché grave et qu’elle n’existe tout simplement plus. Heureusement, les sacrements du baptême et de la confession sont là pour redonner l’état de grâce. Cf article dédié.

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