Quelles sont les qualités spirituelles ?

samedi 17 août 2013, par theopedie

D’après les philosophes antiques, les qualités humanistes ont ceci de particulier que toutes les autres qualités dépendent d’elles. Est-on honnête ? Cela relève de la justice. Possède-t-on du sang froid ? Cela relève de la sensibilité. Et ainsi de suite. Mais la liste des qualités est-elle close pour autant ? À bien y réfléchir, il semble que non : on peut en effet très bien être quelqu’un de sensible, de courageux, de lucide et de méritant, et être pourtant malheureux, ou pire, faire le malheur des autres. Quelque chose manque encore...

Ce qui manque encore au caractère humain pour qu’il soit heureux sont des qualités spirituelles. La culture religieuse classique les appelle les « vertus théologales ». On parlerait de « qualités spirituelles ». Ces qualités proviennent de la tradition chrétiennes : en particulier de saint Paul : « Maintenant donc, ces trois-là demeurent, la foi (pistis), l’espérance (helpis) et la charité (agapè) mais l’amour est le plus grand. » (1 Co 13, 13).

JPEG - 71.6 ko
Les trois vertus théologales
Icône orthodoxe. La personne plus grande représente l’Église qui a pour vocation de cultiver ces trois vertus.

  • La foi : avoir la foi, c’est adhérer par son intelligence à une vérité qui nous dépasse. Par exemple, en termes encore vagues, reconnaître que la vie a un sens. Ou, en terme plus précis, s’engager et se positionner en faveur d’une certaine une vision du monde. Pour les chrétiens, le symbole de la foi est un « livre », car la plus belle vision du monde est encore celle que raconte la Bible ;-)
  • La confiance : si on a la foi et que l’on défend une certaine vision du monde, mais que l’on est persuadé que ce combat est un combat perdu d’avance, il peut y avoir un risque de désespoir. La confiance consiste à attendre avec conviction le jour où sera le but sera réalisé de manière concrète. Pour les chrétiens, c’est Jésus lui-même qui reviendra dans la majesté pour combattre et terrasser le mal. Le nom traditionnel de la confiance est « l’espérance ». Le symbole de l’espérance est l’ancre (la fermeté et l’enracinement) ou une barque (la constance dans la tempête).
  • la passion : la passion est un qualité de vie intérieure qui naît de la proximité de l’objet aimé et qui s’exprime dans l’exultation. C’est la plus grande des qualités, celle qui donne le sens de toutes les autres. Pour les chrétiens, le véritable passion est la passion que Dieu et les hommes suscitent en nous : elle pousse à l’adoration et à la bienveillance. Son nom traditionnel est la « charité ». Elle a pour symbole une mère qui nourrit ses enfants.

Pour saint Paul, la plus importante de ces trois qualités est la passion (la charité) : passion pour Dieu et pour les hommes. Dans un texte extraordinaire, voici ce que saint Paul dit à ce propos :

Si je parle toutes les langues des hommes, et le langage des anges, et que je n’aie point la charité, je ne suis que comme un airain sonnant, et une cymbale retentissante. Et quand j’aurais le don de prophétie, que je pénétrerais tous les mystères, et que j’aurais une parfaite science de toutes choses ; quand j’aurais encore toute la foi possible, jusqu’à transporter les montagnes, si je n’ai point la charité, je ne suis rien. Et quand j’aurais distribué tout mon bien pour nourrir les pauvres, et que j’aurais livré mon corps pour être brûlé, si je n’ai point la charité, tout cela ne me sert de rien. La charité est patiente, elle est douce et bienfaisante. La charité n’est point envieuse, elle n’est point téméraire et précipitée, elle ne s’enfle point d’orgueil ; Elle n’est point dédaigneuse, elle ne cherche point ses propres intérêts, elle ne se pique et ne s’aigrit de rien, elle n’a point de mauvais soupçons ; Elle ne se réjouit point de l’injustice ; mais elle se réjouit de la vérité ; Elle tolère tout, elle croit tout, elle espère tout, elle souffre tout. La charité ne finira jamais (1 Co 13,1-8 ; trad. Lemaîstre de Sacy).

Répondre à cet article