Quelles sont les grandes lignes de la métaphysique d’Armstrong ?

mardi 17 juin 2014, par Denis Cerba

En bref : La métaphysique que défend Armstrong est foncièrement « factualiste », et plus accessoirement « naturaliste » et « physicaliste ».

Armstrong a donné un exposé synthétique de sa métaphysique dans : A World of States of Affairs (1997).

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Synthèse de la métaphysique « factualiste » de David M. Armstrong

Dans l’introduction, il indique que la métaphysique qu’il défend présente trois grandes caractéristiques :

  • elle est factualiste ;
  • naturaliste ;
  • physicaliste.

De ces trois caractéristiques, la première est la plus importante : le « Factualisme » est la thèse métaphysique centrale défendue par Armstrong. Cette thèse relève de la métaphysique catégoriale : elle contient la proposition d’Armstrong concernant la structure la plus fondamentale des choses. D’après la thèse factualiste, le monde n’est pas fondamentalement constitué de choses (things), mais de faits (ou états de choses : states of affairs). Un « état de choses » (ou un « fait ») est la combinaison fondamentale d’un particulier et d’un universel (un universel étant soit une propriété, soit une relation) : cf. art. 739, 769 et 770. Cette thèse représente aux yeux d’Armstrong une avancée décisive de la réflexion métaphysique depuis Aristote (cf. art. 768).

Les deux autres thèses, le Naturalisme et le Physicalisme, sont moins fondamentales : elles représentent plutôt le cadre général dans lequel Armstrong juge probable de situer sa thèse métaphysique la plus fondamentale (le Factualisme).

  • Le Naturalisme est la thèse selon laquelle « le monde (c’est-à-dire la totalité de ce qui existe) n’est rien d’autre que le système spatio-temporel » [1]. Le Naturalisme s’identifie donc à l’athéisme (le contraire du théisme) : Armstrong est plutôt d’avis que « Dieu » n’existe pas, et que donc le monde se limite au système spatio-temporel. La métaphysique qu’il propose est donc une métaphysique strictement catégoriale.
  • Le Physicalisme est une thèse un peu moins fondamentale que le Naturalisme, puisqu’elle porte sur ce qu’assume le Naturalisme : le Physicalisme asserte que « les seuls particuliers que le système spatiotemporel contienne sont des entités physiques gouvernées uniquement par les lois de la physique » [2].

Afin de mieux comprendre le contenu et la portée de ces différentes thèses, nous nous poserons successivement les questions suivantes.

Concernant le Naturalisme :

Concernant le Physicalisme :

Concernant les états de choses (le Factualisme) :

Notes

[1D. M. Armstrong, A World of States of Affairs, Cambridge University Press, 1997, p. 5.

[2Ibid., p. 6.

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