Quelles sont les différentes étapes de la confession ?

mardi 3 juin 2014, par theopedie

En bref : La confession comprend quatre parties : au pénitent revient l’acte de repentance, de confession et de pénitence ; au ministre l’acte d’absolution.
  1. Repentance : le pénitent éprouve le regret de ses fautes passées. « Parmi les actes du pénitent, la première place revient à la contrition, qui est le regret du péché commis (animi dolor ac detestatio de peccato commisso, suivant l’expression du Concile de Trente) avec la résolution de ne plus pécher. En effet, nous ne pouvons accéder au Royaume du Christ que par la metanoia, c’est-à-dire le changement intérieur de l’homme tout entier selon lequel il se met à évaluer, à juger et à régler sa vie en étant touché par la sainteté et la charité de Dieu qui aux derniers temps se sont manifestées dans son Fils et nous ont été pleinement accordées (cf. He 1,2 Col 1,19 et passim ; Ep 1,23 et passim ). C’est donc de cette contrition intérieure que dépend la vérité de la pénitence. Car la conversion de l’homme doit l’affecter intérieurement pour l’éclairer plus profondément chaque jour et le transformer de plus en plus à l’image du Christ. »
  2. Confession : le pénitent avoue ses fautes au prêtre. « La confession des fautes fait partie du sacrement de pénitence. Elle naît de la connaissance de soi-même devant Dieu et de la contrition des péchés. C’est dans la foi au Dieu qui pardonne que le croyant examine sa conscience et reconnaît sa faute. Par la confession, le pénitent ouvre son coeur au ministre ; celui-ci exerce un jugement spirituel au nom du Christ (in persona Christi), en vertu du pouvoir des clés qui lui a été donné pour remettre ou retenir les péchés . »
  3. Absolution : le prêtre juge et pardonne les péchés. « Au pécheur qui manifeste sa conversion au ministre de l’Église, Dieu accorde son pardon par le signe de l’absolution : ainsi le sacrement de pénitence trouve son accomplissement. En effet, la bienveillance de Dieu notre Sauveur est apparue aux hommes de façon visible (Tt 3,4-5) et c’est par des signes que Dieu a scellé son Alliance et la renouvelle lorsqu’elle a été rompue. Par le sacrement de pénitence, le Père accueille son fils qui revient vers lui, le Christ prend sur ses épaules la brebis égarée, l’Esprit Saint sanctifie de nouveau son temple ou y habite plus pleinement ; enfin tout cela se manifeste par une participation renouvelée ou plus fervente à la table du Seigneur, où, parce que le fils revient de loin, il y a grande joie au banquet de l’Église de Dieu (Lc 15,7 Lc 10,32). »
  4. Pénitence : le pénitent reçoit une pénitence pour réparer ses fautes. « La vraie conversion s’accomplit par la satisfaction pour les péchés , le changement de vie et la réparation des dommages causés . Le genre et l’ampleur de la satisfaction seront adaptés à chaque pénitent. Elle doit, en effet, être pour lui remède pour sortir du péché et renouveler sa vie. C’est ainsi que le pénitent, oubliant ce qui est derrière lui (Ph 3, 13) s’insère à nouveau dans le mystère du salut et s’élance vers l’avenir. »

Ces moments ne se succèdent pas de manière tranchée : il s’agit moins d’étapes que d’un même processus qui va de la repentance à la guérison de l’âme. Pour articuler leur contribution respective, la théologie classique utilise un modèle hylémorphique : tandis que les trois actes du pénitent sont comme la matière du sacrement (quasi materia, [CT, sess. XIV, c. 3]), l’acte du ministère ordonné en est la « forme », ce qui « structure » cette matière. On doit donc dire que c’est la miséricorde divine, exprimée dans l’absolution, qui structure la confession et la manière dont le pénitent doit vivre ses péchés.

De façon stricte, seul l’acte de confession fait partie de la célébration liturgique (matière proche), les deux autres moments ne s’y rattachant matériellement que par leur évocation obligatoire lors de la célébration (matière éloignée). Pour comprendre comme s’articule leur contribution et sans pour autant récuser le modèle hylémorphique, la théologie contemporaine quant à elle utilise davantage un modèle dialogique : à la demande de pardon initiée par le pénitent et exprimée par sa repentance, sa confession et sa pénitence répond l’acte du ministre ordonné à travers lequel Dieu accueille, pardonne et réintègre le pécheur dans une communauté de grâce.

P.-S.

Les citations sont extraites du Nouveau Rituel du Sacrement de Réconciliation

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