Quelles sont aujourd’hui les grandes options en philosophie de l’esprit ?

vendredi 18 juillet 2014, par Denis Cerba

En bref : Les principales options en philosophie de l’esprit contemporaine sont : le dualisme cartésien, l’épiphénoménalisme, le béhaviorisme, la théorie de l’identité, le fonctionnalisme, l’éliminativisme, le fictionnalisme, le computationnalisme et le connectionnisme.

La réflexion moderne sur la nature de l’esprit a été inaugurée au 17e s. par le philosophe français René Descartes (1596-1650).

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Le dualisme cartésien : une chose dans une autre...

Descartes pensait que, dans un être humain, l’esprit et le corps sont deux choses de types entièrement différents : le corps est une entité physique, l’esprit est une entité non-physique. C’est une position dualiste (il y a en nous du physique et du non-physique). Plus exactement, le dualisme cartésien est un dualisme de substance : le corps et l’esprit sont deux choses, qui existent en fait indépendamment l’une de l’autre. Il faut distinguer néanmoins dualisme de substance et dualisme strictement cartésien : le dualisme cartésien est un dualisme de substance auquel s’ajoute la thèse selon laquelle l’esprit est identique à la conscience.

Pour plus de précisions, nous renvoyons aux articles suivants :

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Thomas H. Huxley : le « Bulldog de Darwin »

Le dualisme de substance est une position forte et intéressante, en accord avec le sens commun : l’homme n’est-il pas évidemment composé d’une partie « matérielle » et d’une partie « spirituelle » ? Il se heurte néanmoins à des objections puissantes. C’est pour répondre à ces objections, sans abandonner pour autant l’intuition d’une dualité corps/esprit, qu’un dualisme plus modéré a été introduit : le dualisme de propriété. Sa variante la plus célèbre est l’épiphénoménalisme, brillamment défendue à la fin du 19e s. par Thomas H. Huxley (1825-1895). L’épiphénoménalisme reconnaît qu’il y a en l’homme quelque chose de non-physique : des états de conscience tels la sensation, l’imagination, la pensée, etc. Mais il n’y a pas d’« esprit » au sens d’une chose autonome : les états de conscience ne sont que des propriétés du corps, ils sont le résultat de l’activité du corps sans avoir sur lui aucune action (ils sont un simple épiphénomène de l’activité du corps).

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Le manifeste du béhaviorisme philosophique

Au 20e s., beaucoup de philosophes ont pensé qu’il était préférable d’abandonner totalement le dualisme : les progrès de la biologie et les problèmes philosophiques posés par le dualisme montrent qu’il est plus vraisemblable de penser que l’homme est une réalité physique de part en part. On peut qualifier cette position de moniste. Attention ! Ces philosophes ne disent pas que « l’esprit n’existe pas » : ils disent que l’esprit existe, mais que c’est une réalité physique. On distingue trois positions philosophiques de ce genre : le béhaviorisme de G. Ryle (l’« esprit », c’est un certain comportement du corps), la théorie de l’identité (l’« esprit » est identique au cerveau), et le fonctionnalisme (l’« esprit » est un certain fonctionnement assuré par un support physique).

  • Qu’est-ce que le béhaviorisme ?
  • Qu’est-ce que la théorie de l’identité ?
  • Qu’est-ce que le fonctionnalisme ?

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Un « éliminativiste » : P. Churchland (1942-)

Toujours dans cette tendance anti-dualiste, certains philosophes sont plus radicaux que ces trois dernières positions : ils soutiennent qu’en fait l’« esprit » n’existe pas. C’est la position éliminativiste (l’« esprit » n’existe pas plus que les dragons ou les chimères...), ou la position fictionnaliste (l’« esprit » n’existe pas, mais il peut être théoriquement utile de faire comme si il existait).

  • Qu’est-ce que l’éliminativisme ?
  • Qu’est-ce que le fictionnalisme ?

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Will Smith est-il une machine ?

Enfin, dans le dernier tiers du 20e s., sont apparues des théories qui considèrent que l’« esprit » est une machine : une machine extrêmement complexe, du type ordinateur. C’est la théorie computationnaliste (l’esprit est un ordinateur (computer, en anglais)), ou la théorie connectionniste (l’esprit est un réseau de connections).

  • Qu’est-ce que la théorie computationnaliste de l’esprit ?
  • Qu’est-ce que le connectionnisme ?

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