Quelle était la fonction du sacerdoce lévitique ?

lundi 6 avril 2015, par theopedie

En bref : La fonction du sacerdoce lévitique était d’assurer une médiation officielle entre Dieu et les hommes, médiation à la fois ascendante et descendante.

Certes, médiation et sacerdoce sont deux concepts distincts : formellement, la médiation est une fonction qui entend assurer la communication entre Dieu et les hommes tandis que le sacerdoce entend consacrer des sacrifices entre Dieu et les hommes. On signale ainsi dans la Bible des médiateurs, les prophètes, qui ne sont pas des prêtres. Il n’en reste pas moins que, si tout médiateur n’est pas forcement prêtre, la prêtrise a pour but d’assurer de manière officielle et pérenne - de manière institutionnelle - cette médiation entre Dieu et les hommes.

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Autel des sacrifices
Le temple de Jérusalem

 Médiation ascendante

Assurer la sainteté du peuple juif devant Dieu, et la restaurer si celle-ci a été entachée : voilà la première obligation du prêtre de l’ancienne économie (Exode 28, 38 ; Lévitique 10, 17 ; ). C’est ainsi que les prêtres ont pour charge de représenter le peuple et de présider aux cérémonies liturgiques (le grand-prêtre porte sur son pectoral le nom des douze tribus d’Israël, Exode 39, 14).

Ce rôle d’intercession pour les péchés du peuple dont ils ont la charge devant Dieu a été rempli en tout premier par Moïse (Exode 32, 11-14 ; Exode 32, 31-32). Puis, ce rôle a été par la suite transmis à ses successeurs dans l’ordre d’Aaron, lesquels devaient remplir leur office par la prière et le jeûne, par le sacrifice et la pénitence. En témoignent les appels pressants du prophète Joël (Joël 2, 17).

 Médiation descendante

Dans la direction opposée, celle qui va de Dieu aux hommes, les prêtres de l’ancienne économie devaient assurer la double fonction d’enseigner et de bénir. Signe de médiation descendante, la parure de l’éphod souligne la stricte appartenance à Dieu du prêtre.

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Les habits du grand-prêtre

Paradoxalement, c’est par les prophètes que cette fonction d’enseignement sacerdotale est soulignée : Osée 4, 6-10 ; Malachie 2, 7. Mais on notera une différence dans l’ordre de l’enseignement : la connaissance du prophète est immédiate et découle d’une vocation et d’une révélation particulières, tandis que la connaissance du prêtre est médiate et institutionnelle. Cet enseignement a considérablement évolué, passant de la consultation rudimentaire de la volonté divine à travers l’usage de l’urim et du tummin à la lecture tous les sept ans de la loi lors de la fête des tabernacles (Deutéronome 31, 10-15). De façon générale, cet enseignement concernait principalement les rites et les coutumes rituelles.

Enfin, la bénédiction faisait aussi partie de la charge sacerdotale (Lévitique 9, 22). La formule était fixée par Dieu :

Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël. Vous leur direz : Que YHWH te bénisse et te garde, que YHWH fasse pour toi rayonner son visage et te fasse grâce ! Que YHWH te découvre sa face et t’apporte la paix ! Qu’ils mettent ainsi mon nom sur les enfants d’Israël et je les bénirai (Nb 6,22-27).

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