Quelle est la réalité du caractère sacramentel ?

vendredi 15 août 2014, par theopedie

Le caractère ou « sceau spirituel » n’est ni une relation morale ou une relation logique (c’est-à-dire une relation posée par une subjectivité extérieure et qui n’aurait en soi aucune réalité) ou une dénomination purement extrinsèque. Le caractère est une réalité objective, tout aussi incontestable que la grâce et la charité répandues dans l’âme par l’Esprit Saint et y demeurant de façon permanente :

Celui qui nous affermit avec vous en Christ et qui nous donne l’onction, c’est Dieu, lui qui nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l’Esprit. 2 Co 1, 21-22

Le caractère n’est toutefois pas un être en tant que telle, ni même une certaine structure : il est une certaine perfection et une certaine qualité de l’âme qui a été frappée à la ressemblance du Christ. Plus exactement, par les sacrements, l’âme entre à nouveau en communion avec Dieu. Le caractère représente cette capacité qu’a l’âme d’entrer à nouveau en communion avec Dieu

Saint Thomas d’Aquin (IIIa, 63,2) le prouve de deux manières :

  • par élimination : il y a trois choses dans l’âme, à savoir des émotions, des qualités (ou des défauts) psychologiques, des facultés psychologiques. Le caractère étant indélébile ne peut être une émotion. Il ne peut être non plus un défaut ou une qualité car il est neutre d’un point de vue moral (certains en usent bien, d’autres en usent mal). Le caractère est donc une faculté psychologique.
  • par étude des sacrements : les sacrements servent à consacrer l’âme à Dieu. « Or, le culte divin consiste à recevoir des choses divines ou à les transmettre à autrui. Mais, pour chacun de ces offices, une puissance est nécessaire, puissance active pour transmettre, puissance passive pour recevoir. C’est pourquoi le caractère comporte une puissance spirituelle ordonnée au culte divin. »

Au total, le caractère est la capacité qu’a l’âme, en raison de l’empreinte qu’elle a reçue du Christ, de recevoir ou de transmettre la grâce à travers les actes du culte sacramentel (III,63,4).

Répondre à cet article