Quelle est la formule d’absolution ?

lundi 29 juin 2015, par theopedie

En bref : Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, je vous pardonne tous vos péchés.

Dans sa formule ordinaire, la sentence d’absolution est plus longue, montrant le chemin et la pédagogie du salut que Dieu emploie à notre égard, mais seule la dernière phrase est requise pour la validité de la confession :

Que Dieu notre Père vous montre sa miséricorde ; par la mort et la résurrection de son Fils il a réconcilié le monde avec Lui et il a envoyé l’Esprit Saint pour la rémission des péchés ; par le ministère de l’Église qu’il vous donne le pardon et la paix.

Et moi, au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, je vous pardonne tous vos péchés.

Seuls sont absolument nécessaires les mots « Je te pardonne » (ego te absolvo). En effet, ils suffisent à réaliser ce que le sacrement entend réaliser. Le complément d’objet direct « tes péchés » est sous-entendu par le verbe « pardonner ». Il est néanmoins important de l’expliciter pour écarter tout doute.

L’invocation de la Trinité n’est point ici indispensable comme pour la formule du baptême, car cette dernière a été prescrite par le Christ lui-même. C’est pour montrer d’où elle tient son pouvoir ministériel de pardonner que l’Église prescrit cette mention de la sainte Trinité.

Une traduction plus littérale de la formule dirait « Je t’absous (absolvo) » ou « je te délie ». L’absolution exprime le fait que l’homme est délié par une sentence judiciaire de la coulpe de ses péchés, fardeau qui pesait sur l’âme du pénitent. Actuellement, la formule employée est « Je te pardonne ». Cette formule qui n’insiste pas ni sur le caractère judiciaire ni sur le pouvoir des clés, mais indique le but ultime de l’absolution, à savoir la rémission des péchés. Cette dernière formule est tout autant valide d’après Jean 20, 23.

La formule peut encore être employée dans une forme déprécative (Église orthodoxe) ou indicative (Église catholique). La forme déprécative (Que Dieu te pardonne...) doit être entendue en un sens indicatif, c’est-à-dire comme un acte judiciaire accompli par le ministre et que Dieu ratifie de son autorité et de sa grâce. On préférera la forme indicative :

Au tribunal de la pénitence, Dieu et le prêtre remettent les péchés - Dieu par la plénitude de sa puissance ; le prêtre, en qualité de ministre autorisé. Ici, Dieu pardonne les péché non point par lui seul, mais en employant un organe visible. L’absolution est une, Dieu et le prêtre y coopèrent. Or, dans la formule déprécative, l’exercice réel et efficace du pouvoir judiciaire du prêtre est si faiblement exprimé relativement à l’autorité suprême de Dieu, que le pouvoir des clés confié à l’Eglise n’y trouve point l’affirmation qui lui convient, et que, par conséquent, des doutes pourraient naître ou du moins des malentendus. Il est donc incontestable que notre forme indicative a tout avantage : elle exprime avec toute la clarté désirable l’acte véritablement judiciaire accompli par le prêtre et répond, par conséquent, d’une manière parfaite aux paroles dont le Seigneur s’est servi (non enim divit quaecumque petieris esse solvenda, erunt soluta, sed quaecumque solveris, erunt soluta) dans la promesse et l’institution de ce sacrement.

Cette formule doit être dite (et non pas écrite par lettre). Elle exige donc la proximité vocale du prêtre et du pénitent.

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