Quelle est la forme du sacrement du mariage ?

mardi 3 mars 2015, par theopedie

Matrimonium facit consensus : l’échange des consentements constitue la forme du sacrement. Ceci découle de l’identification entre mariage et contrat. Selon le rite romain actuel, plusieurs formules sont possibles.

JPEG - 185.5 ko
L’échange des consentements :
La promesse d’un amour absolu

Il n’en reste pas moins une difficulté d’ordre sémantique car une formule constitue la forme d’un sacrement en explicitant la signification de ce rite. Or, s’il est vrai que le mariage est constitué comme icône du Christ par sa référence au mystère du Christ, aucune référence religieuse n’est explicitée lors de l’échange des consentements et on n’y fait pas mention de l’union du Christ et de l’Église. C’est probablement en raison de cette difficulté que Melchior Cano avait tenu la bénédiction nuptiale comme la forme proprement dite du sacrement et l’échange des consentements comme sa matière. Il est vrai que cette théorie présente quelques avantages (en matière d’œcuménisme notamment), mais elle implique une trop grande séparation entre contrat et sacrement et doit être de ce fait rejetée. On dira dès lors que la bénédiction nuptiale sert à expliciter cette référence sacrée, non à la constituer (elle est un sacramental, non un sacrement).

Que dire ? Pour saint Thomas d’Aquin, la référence symbolique est constituée par l’union de l’homme et de la femme, union qui symbolise l’union du Christ avec l’Église. Mais comme cette union n’acquiert une dimension religieuse qu’entre conjoints baptisés, c’est probablement dans le caractère baptismal que doit ultimement être cherché son fondement sémantique. On dira que l’union du Christ avec son Église est signifiée non par des paroles extérieures, mais signifiées et réalisées par l’union de deux âmes configurées au Christ à l’occasion de l’échange des consentements.

Répondre à cet article