Quelle est la différence entre les sacrements de l’Ancien Testament et ceux du Nouveau ?

dimanche 6 juillet 2014, par theopedie

En bref : Les uns ont une portée principalement légale, l’autre ont une portée principalement intérieure.

L’Ancien Testament comme tel (c’est-à-dire indépendamment de sa relation avec l’idéal chrétien) n’avait que des purifications corporelles, des sanctifications lévitiques (Hebreux 11,13-14) [1] qui n’atteignaient pas le cœur de l’homme, mais le libéraient de certaines irrégularités légales, le rendaient apte à participer au culte mosaïque et lui conféraient le droit d’exercer les fonctions du culte divin.

Cette purification, cette consécration purement extérieure, donnant une pureté charnelle (Hb 11,13) était, de son côté, un figure et une prophétie et une promesse divine de la consécration intérieure et surnaturelle « purifiant notre conscience des oeuvres mortes » (Hb 11,14). C’est cette consécration intérieure qui est le propre de l’idéal chrétien.

Les sacrements de l’Ancien Testament ne signifiaient et n’opéraient donc qu’une sanctification légale ou lévitique. Mais, moyennant cette sanctification extérieure, ils annonçaient prophétiquement la grâce qui sanctifie l’âme et que Jésus devait apporter. Ils n’avaient donc point la vertu de sanctifier intérieurement, sinon de manière indirecte, par la foi qu’ils exprimait de manière voilée en l’attente d’un sauveur à venir.

Les sacrements de l’Ancien Testament agissaient en fonction de la foi du ministre et du sujet dans le sauveur à venir (ex opere operantis), mais ceux du Nouveau Testament agissent en fonction des mérites du sauveur qui est venu qu’ils transmettent objectivement (ex opere operato). Les premiers signifiaient la grâce sans la produire objectivement (c’est subjectivement, via la foi, que la grâce était transmis), les deuxièmes signifient et produisent la grâce (ils produisen objectivement la grâce laquelle s’épanouit selon les dispositions du sujet).

P.-S.

Cet article est tiré de Nicolas Gihr : Les sacrements (1900).

Notes

[1Il y avait certes aussi des onctions prophétiques et messianiques plus profondes mais (1) celles-n’étaient pas destinés à tous, mais seulement à quelques élus et (2) ces onctions semblaient davantage conférer la grâce charismatique que la grâce justifiante, même si les deux ne sont pas sans rapport.

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