Quelle est la différence entre « Physicalisme fort » et « Physicalisme faible » ?

lundi 7 juillet 2014, par Denis Cerba

Nous avons vu que le physicalisme consiste à affirmer que le monde (au sens du système spatiotemporel) est purement physique : il ne contient que des entités physiques, gouvernées par les lois de la physique moderne.

On peut néanmoins distinguer deux types de physicalisme : le physicalisme faible (weak physicalism) et le physicalisme fort (strong physicalism). Cette distinction dépend du fait qu’on considère ou non que le système spatiotemporel est la seule chose qui existe (c’est-à-dire du fait qu’on soit, ou non, naturaliste).

  • Si l’on est naturaliste, on considère qu’il n’existe rien d’autre que le monde (au sens du système spatiotemporel) ; donc, si l’on est également physicaliste, on aboutira au physicalisme fort : tout ce qui existe est (purement) physique.

Strong Physicalism is the view that everything there is, is governed by the laws of physics. Weak Physicalism plus Naturalism yields Strong Physicalism. (WSA, p. 6)

  • Mais si l’on n’est pas naturaliste, alors le monde (au sens du système spatiotemporel) n’est qu’une partie de ce qui existe : le physicalisme consiste alors à affirmer que cette partie de ce qui existe est de nature strictement physique. Il s’agit du physicalisme faible. Il est compatible avec la croyance en l’existence d’un Dieu transcendant. Mais rappelons que le physicalisme fort est aussi compatible — en un autre sens — avec cette croyance : au sens où même un naturaliste n’exclut jamais totalement l’hypothèse de l’existence de Dieu (cf. Un chrétien peut-il s’intéresser à une métaphysique naturaliste ?).

Weak Physicalism is simply a doctrine about the spacetime world : that this contains only physical entities governed by nothing more than the laws of physics. It could even be accepted by a believer in a transcendent deity. (WSA, p. 6)

En tant que naturaliste, la métaphysique d’Armstrong relève évidemment du physicalisme fort. Néanmoins, comme nous l’avons rappelé, parce que même le naturalisme n’exclut jamais totalement l’existence de Dieu, ce physicalisme fort n’a rien qui doive effrayer un théiste...

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