Quelle est la circonstance morale la plus importante ?

vendredi 11 septembre 2015, par theopedie

En bref : St. Grégoire de Nysse affirme que les circonstances les plus importantes sont « ce pourquoi l’on agit » et « ce qui est fait ».

Les activités sont appelées authentiquement humaines, nous l’avons dit, dans la mesure où elles sont libres. Or la liberté est stimulée en propre par un idéal. C’est pourquoi la circonstance la plus fondamentale est celle qui rejoint l’activité dans son idéal, c’est-à-dire selon le « pourquoi » ; vient ensuite celle qui rejoint l’activité dans son être même, c’est-à-dire selon « ce qui est fait ». Quant aux autres circonstances, leur importance se mesure selon la proximité plus ou moins grande qu’elles ont avec ces deux-là.

Objections et solutions :

1. Temps et lieu paraissent bien constituer « ce en quoi » l’activité s’effectue. Or, du fait qu’elles sont les plus extérieures à l’activité, ces circonstances ne semblent pas être fondamentales. Donc « ce en quoi » ne constitue pas les circonstances les plus fondamentales.

• « Ce en quoi » l’activité s’effectue ne signifie pas ici pour Aristote le temps et le lieu, mais ce qui s’ajoute à l’activité elle-même. C’est pourquoi, expliquant en quelque sorte le dire du Philosophe, st. Grégoire de Nysse met « ce qui est fait » au lieu de « ce en quoi l’activité s’effectue ».

2. L’idéal est extrinsèque à l’activité qui y tend. Il n’est donc pas la plus fondamentale des circonstances.

• L’idéal, bien qu’il n’appartienne pas à la substance de l’activité, en est toutefois la cause la plus fondamentale, du fait qu’il pousse l’agent à agir ; d’où vient que l’activité morale est spécifiée surtout par son idéal.

3. Ce qui est le plus fondamental dans une chose, c’est sa cause et sa structure. Or la cause de l’activité humaine, c’est la personne qui l’accomplit, et sa structure, c’est sa manière. Ces deux circonstances paraissent donc être les plus importantes.

• La personne qui agit est cause de l’activité pour autant qu’elle est mue par un idéal, et c’est sous ce rapport que cette personne est le fondement de cette activité ; quant aux autres conditions de la personne, elles ne sont pas ordonnées à l’activité de façon aussi fondamentale. La manière dont il est question ici ne se confond pas avec la structure de l’activité en tant que telle (celle-ci en effet résulte dans l’activité de l’objet et du terme ou de la fin), elle n’en est qu’une sorte d’état.

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