Quelle doit être l’attitude du prêtre pendant la confession ?

lundi 9 juin 2014, par theopedie

En bref : L’attitude du confesseur pendant l’acte de confession doit être celle d’un frère, d’un juge, d’un père et d’un médecin

La confession est peut-être l’acte le plus difficile pour les pénitents : à preuve la crise que connaît actuellement ce sacrement. Les raisons peuvent être multiples. Aussi, étant donnée l’importance du confesseur, et parce que la confession est un dialogue entre deux personnes, il convient de décrire la relation du confesseur avec le pénitent : l’Ordo Penitentiae décrit l’attitude du confesseur pendant l’acte de confession comme étant celle d’un frère, d’un juge, d’un père et d’un médecin [OP, 10]. Derrière cette liste, il est possible de voir l’attitude du pénitent qui doit lui répondre : responsabilité, humilité, respect et discernement.

Frère

Tandis que le ton de la confession était peut-être, au siècle dernier, empreint d’un ton trop paternaliste et de la part du confesseur [William], actuellement ce ton ne serait plus recevable et le pénitent est en droit de demander d’un confesseur qu’il adopte l’attitude d’un frère compatissant, plus proche de la fragilité humaine [RP, § 29]. Le confesseur est ainsi invité à se souvenir qu’il partage avec celui qui se confesse une même condition de pécheur, et que, à l’image du Christ, grand-prêtre compatissant, il doit, lui aussi, souffrir pour enseigner la miséricorde (Hb 4,15). Derrière cette image du frère, nous pouvons entrevoir la figure d’un pénitent fragile mais responsable : il ne s’agit pas pour lui en se confessant de régresser à un état infantile qui serait culpabilisant mais d’avoir un dialogue d’homme à homme, de frère à frère.

Juge

« L’absolution est comme un acte judiciaire : une sentence y est prononcée par le prêtre comme par un juge » [CT, can. 9]. Ce rôle du juge accro’t la responsabilité du confesseur : le régime normal du chrétien est normalement de s’abstenir de jugement (1 Co 6,2). Aussi le confesseur doit-il d’une certaine manière mériter ce rôle et « acquérir les connaissances et la prudence nécessaire par une étude continue » [OP, 10]. Il appartient au pénitent, eu égard à cette fonction et à cette compétence acquise, de se confesser avec humilité. Il lui appartient aussi d’éclairer le confesseur de tout ce qui serait susceptible d’améliorer son jugement, voire de l’informer de problèmes éventuels (pénitence trop lourde, désaccord, incompréhension devant un délai d’absolution) : le jugement du confesseur n’ôte pas la responsabilité du pénitent.

Père

Le rôle du confesseur est la pour révéler au pénitent le vrai visage de Dieu : non celui d’un père autoritaire mais celui d’un père affectueux et sage qui attend le retour du Fils prodigue : « en les accueillant, et en les aidant à faire la lumière, il leur révèle l’amour du Père » [OP, 10]. Aussi le pénitent peut-il voir dans la figure du confesseur non pas d’abord un juge doué d’une compétence particulière mais quelqu’un qui représente la miséricorde absolue de Dieu et qui mérite de ce fait un respect et une confiance particulière.

Médecin

Le confesseur est, dans son ordre, un thérapeute. De ce point de vue, il revient au pénitent de discerner le confesseur qui sera le plus approprié au soin de son ame. On notera que cette thérapie comporte une dimension psychologique,

« Tout homme doit ’gérer’ son passé. Il ne peut le nier comme s’il n’avait pas existé. S’il n’a plus le pouvoir de le changer, il garde celui de se situer autrement par rapport à lui et ainsi de le ’cicatriser’ par une attitude de liberté qui permet la réconciliation avec soi, elle-même solidaire de la réconciliation avec autrui » [Sesbouë, Pardon de Dieu, conversion de l’homme et absolution de l’Église, p. 159]

Mais le prêtre n’est pas psychologue de métier. Il doit porter attention à cette dimension sans pour autant oublier là où s’arrêtent ses compétences : le confesseur peut - voire, dans les cas les plus graves, doit - renvoyer à un spécialiste. La confession est là pour aider les personnes d’abord dans leur peine spirituelle et pour leur permettre d’accéder à cette grâce qui peut tout dans la faiblesse humaine (2 Cor 12.7-9). Parlant de la confession de dévotion, l’Ordo Penitentiae dit : « Ce n’est pas une pure répétition rituelle ni un exercice psychologique, mais une recherche assidue pour que la grâce du baptême porte ses fruits » [OP, 7]. C’est donc d’abord dans le domaine de sa vie spirituelle que le pénitent est appelé à exercer un véritable discernement quant àu choix de son confesseur.

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