Quel est le rôle du Christ dans les sacrements ?

jeudi 17 juillet 2014, par theopedie

En bref : Si Dieu est l’acteur principal dans ces icônes vivantes de la grâce que sont les sacrements, Jésus est le ministre et l’instrument principal par lequel la grâce est donné aux croyants.

 Puissance d’excellence

Nous reproduisons ce texte de saint Thomas qui résume et explique l’œuvre du Christ dans les sacrements (IIIa,64,3).

Le Christ produit l’effet intérieur des sacrements en tant qu’il est Dieu et en tant qu’il est homme, mais de façon différente dans les deux cas.

  • En tant que Dieu, il agit dans les sacrements à titre d’auteur souverain.
  • En tant qu’homme, il en opère les effets intérieurs de façon méritoire et aussi par mode d’efficience.

Mais, dans ce dernier cas, il s’agit seulement d’une efficience instrumentale. On a vu en effets que la passion du Christ, qu’il a soufferte en sa nature humaine, est cause de notre justification et en la méritant et en la réalisant effectivement, cela non par mode d’agent principal, comme un auteur souverain, mais à la façon d’un instrument, en tant que son humanité est l’instrument de sa divinité, nous l’avons déjà dit. Cependant, parce qu’elle est l’instrument conjoint à la divinité dans l’unité d’une seule personne, cette humanité possède une sorte de primauté et de causalité à l’égard des instruments séparés que sont les ministres de l’Église. C’est pourquoi, de même que le Christ, en tant que Dieu, a un pouvoir souverain sur les sacrements, de même, en tant qu’homme, il a un pouvoir de ministre principal, ou pouvoir d’excellence (Nous accentuons).

 Prérogatives du ministre principal

Ce pouvoir d’excellence consiste en quatre prérogatives :

1) En ce que c’est le mérite et la valeur de ses souffrances qui agissent à travers les sacrements. En effet, Jésus est la cause méritoire suprême de toutes les grâces du salut, en sorte que les grâces sacramentelles proviennent de ses souffrances. Les sacrements, dans leurs significations même, montre qu’ils ont été institués pour transmettre les fruits de son mérites. Car, par leur structure symbolique comme on le voit dans les deux principaux sacrements que sont le baptême et l’eucharistie, ils assurent une continuité entre la mort passée de Jésus et la vie présente des croyants. C’est pour signifier que les sacrements ont leur source dans les souffrances et la mort de notre Libérateur que le sang et l’eau coulèrent du côté du Christ transpercé par une lance. Et ainsi, il est dit que l’homme, sanctifié par le baptême est sanctifié dans le sang de Jésus-Christ ( ).

Les trois autres prérogatives reposent sur ce mérite expiatoire.

2) Les sacrements, pour avoir une efficacité salvifique, ne peuvent être accomplis qu’au nom de Jésus et par une mission venant de lui.

3) Jésus est le ministre principal à double titre : d’un part il confère aux sacrements leur efficacité (par le mérite expiatoire de Jésus) et d’autre part il institue les sacrements (par une décision libre et explicite).

4) Dans la dispensation de ses mérites, Jésus n’est pas lié à l’emploi de tel rite extérieur : il peut même sans sacrement, c’est-à-dire par le seul commandement de sa volonté - appliquer la grâce et remettre les péchés.

 Puissance d’excellence et puissance ministérielle

Par rapport à l’infinie puissance d’autorité qui appartient à Dieu, la puissance d’excellence du Libérateur doit, sans doute, être regardée comme le principal pouvoir ministériel ; mais, par rapport au simple pouvoir ministériel des organes humains qu’elle emploie, elle peut être considérée comme une véritable puissance d’autorité.

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