Quel est le rite principal de la confirmation ? L’onction ou l’imposition des mains ?

lundi 20 octobre 2014, par theopedie

En bref : Le rite principal de la confirmation n’est pas l’imposition des mains qui précède l’onction, mais l’imposition des mains contenue dans l’acte même de l’onction et réalisée par le seul fait de cette onction : materia proxima est unction christamatis in fronte per manum episcopi facta in formam crucis, quae chrismatis unctio est vera manus impositio (Antoine, theol.mor. De conf. 2).

L’onction se fait par imposition des mains et l’imposition des mains se fait par l’onction : cette proposition est répétée par tous les théologiens depuis le moyen-âge. L’onction du front et l’imposition des mains sont donc inséparablement unies et, pour ainsi dire, fondues en un seul et même acte. On pourra préciser leur articulation en disant que imposition des mains et onction sont sous un rapport de matière et de forme : l’onction d’huile structurant l’imposition des mains et explicitant pour ainsi dire le don de l’Esprit Saint qui est opéré à travers elle (l’imposition des mains peut signifier beaucoup de choses et a besoin d’être précisée).

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Le rite de la confirmation
Imposition du Saint Chrême par l’évêque

Cette manière de voir évite les difficultés de l’opinion pour le moins douteuse d’après laquelle les deux actes, séparés l’un de l’autre par un intervalle assez long (en cas de grand nombre de confirmants) doivent constituer une matière unique. Elle permet aussi de comprendre comment les données de l’Écriture et de la Tradition se concilient, alors même que l’une parle davantage de l’imposition des mains (Hébreux 6, 2) ; Acte des Apôtres 8, 7) ; Acte des Apôtres 19, 1-7) tandis que l’autre met l’accent sur l’onction (les documents des Églises orientales et romaines primitives). La proposition théologique énoncée plus haut rappelle en effet que l’imposition des mains n’exclue pas l’onction, ni l’inverse, mais au contraire que l’une suppose l’autre.

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Confirmation d’adulte

Apostoli semper manus imponendo signaverunt chrismate ac proinde Lucas ritum illum compendio perstinxit et ex una parte rem totam intellexit. Nam Patres, qui uno in loco dicunt per impositionem manus dari Spiritum sanctum, iidem in alio loco dicunt dari per unctionem chrismatis et aliquando utrumque conjungunt, ex quo apparet, utrumque ad ritum hunc pertinere et illis perinde esse, sive unum sive alterum exprimant (Bellarmin, 1,2,9)

Afin d’expliciter cette onction contenue dans l’imposition des mains, on peut mentionner, parmi les textes de l’Écriture, 1 Jean 2, 20 et 1 Jean 2, 27, lesquelles mentionnent une onction qui ne serait être purement intérieure ou spirituelle (force, lumière, consolation) et dans laquelle il faut bien y reconnaître une onction extérieure : unctio spiritualis ipse Spiritus sanctus est, cujus sacramentum est in unctione visibili (Saint Augustin, In 1 Joann. 3). On peut aussi - et surtout - mentionner le lien quasi constant que l’Écriture Sainte fait entre onction et don de l’Esprit Saint :

Again, no express mention is made of anointing with chrism ; but we note that the idea of unction is commonly associated with the giving of the Holy Ghost. Christ (Luke 4:18) applies to Himself the words of Isaias (61:1) : « The Spirit of the Lord is upon me, wherefore he hath anointed me to preach the gospel ». St. Peter (Acts 10:38) speaks of « Jesus of Nazareth : how God anointed him with the Holy Ghost ». St. John tells the faithful : « You have the unction (chrisma) from the Holy One, and know all things » ; and again : « Let the unction [chrisma], which you have received from him, abide in you » (1 John 2:20-27).

A striking passage, which was made much use of by the Fathers and the Schoolmen, is that of St. Paul : « He that confirmeth [ho de bebaion] us with you in Christ, and hath anointed us, is God, who also hath sealed [sphragisamenos] us, and given us the pledge [arrabona] of the Spirit in our hearts » (2 Corinthians 1:20-21). No mention is made of any particular words accompanying the imposition of hands on either of the occasions on which the ceremony is described ; but as the act of imposing hands was performed for various purposes, some prayer indicating the special purpose may have been used : « Peter and John . . . prayed for them, that they might receive the Holy Ghost ». Further, such expressions as « signing » and « sealing » may be taken as referring to the character impressed by the sacrament : « You were signed [esphragisthete] with the holy Spirit of promise » ; « Grieve not the holy Spirit of God, whereby you are sealed [esphragisthete] unto the day of redemption » (Ephesians 1:13 ; 4:30). See also the passage from Second Corinthians quoted above.

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