Quels rapports entre homme et femme dans le mariage chrétien ?

dimanche 8 mars 2015, par theopedie

En bref : Si l’effet principal du mariage chrétien est d’unir de façon existentielle l’homme et la femme, cette union se traduit par des relations particulières entre l’époux et l’épouse, chacun y trouvant une source de bonheur et d’épanouissement réciproque : l’époux obtient la grâce de servir son épouse comme le Christ a servi l’Église ; et l’épouse obtient la grâce de respecter avec humilité son époux comme l’Église respecte avec humilité le Christ.

C’est dans saint Paul que sont décrites les nouvelles relations en Christ entre l’époux et la femme : « Maris, aimez vos femmes comme le Christ ; femmes, soyez soumises à vos maris comme l’Église l’est au Christ » (Ephésiens 5, 25-33). Parce que ce passage est souvent mal compris, il convient, avant de l’expliquer d’en exclure les mauvaises interprétations.

 Interprétations fallacieuses

Adam vs Eve.
Vulgaire, mais drôle
Epic Rap Battles of History, liLU2tEz7KY
  • L’asymétrie des relations conjugales ne sauraient être l’expression d’une supériorité de l’homme par rapport à la femme (machisme, etc). Cette supériorité est présentée dans la Bible comme une conséquence du péché, non comme étant voulue par Dieu, lequel parle dans la Genèse de complémentarité et de compagne, non de de supériorité et de servante (Genèse 2, 18-24). Saint Paul lui-même affirme que « en Christ, il n’y a plus ni homme ni femme, mais le Christ qui est tout en tous » et que hommes et femmes ont les mêmes droits et les mêmes devoirs (1 Corinthiens 7, 2-4).
  • L’asymétrie des relations conjugales ne sauraient être non plus fondée sur une répartition des sociaux-politiques des rôles. On parle parfois à ce propos de modèle traditionnel : à l’homme la responsabilité (notamment financière) du foyer, à la femme son animation. Ce modèle traditionnel, quelque soit ses qualités par ailleurs, n’est toutefois pas sanctionné par la révélation. S’il convient de s’y conformer, c’est en vertu du précepte plus général de saint Paul qui nous demande de rester dans l’état où le Christ nous a trouvés. Mais ce modèle peut évoluer en fonction des sociétés et des mœurs : ce qu’il convient c’est non de le vivre, mais de le vivre chrétiennement. La spécificité chrétienne porte sur autre chose.
  • On a parfois pu donner une explication morphologico-psychologique à l’asymétrie des relations hommes-femmes dans le couple. Malgré une certaine évidence de ces explications, on n’en reste pas moins perplexes sur leurs éventuels développements théologiques et moraux :

Il y a ontologiquement quelque chose de réceptif dans la femme comme dans le mystère de l’Église ; et, de ce fait, une orientation de la femme vers l’intériorité. En revanche, il ne serait pas vrai de dire que l’homme (de sexe masculin) est davantage principe actif dans la relation conjugale. Ce qui est vrai, c’est que, biologiquement et psychologiquement, l’homme se tient du côté de l’extériorité (ce qui lui permet, symboliquement, d’être représentatif de l’extériorité (altérité) divine, d’où son rôle ministériel. (Revel, Traité des sacrements VII, le mariage, p134)

Ces explications expliquent peut-être une dimension de l’asymétrie homme-femme dans le couple, à savoir pourquoi l’homme est (plus souvent) à l’initiative de cet amour et la femme celle qui consent à cette initiative. Mais elle ne suffit pas à rendre compte de la manière dont l’homme doit aimer la femme et dont la femme doit être soumise à son mari.

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couple

 Explication biblique

Pour un chrétien, la soumission de la femme et l’amour du mari doivent être fondés sur des vertus. Ce qui peut choquer dans dans cette asymétrie est le terme de « soumission ». A ce titre, il convient de rappeler que la soumission dont il est question est, pour la tradition chrétienne, une vertu que tout le monde - hommes compris - doit s’efforcer de cultiver : « Soumettez-vous les uns aux autres. » (Ephésiens 5, 21-33). Ce précepte est un précepte universel.

Mais, si la soumission des chrétiens doit être générale, la soumission de l’épouse doit être spécifique. Car, aux dires de saint Paul, la soumission de l’épouse est fondée dans une réalité particulière, à savoir l’amour que lui porte son mari. Autrement dit : c’est pour autant que l’époux aime son épouse « comme sa propre chair » que l’épouse doit lui être fidèle et soumise : la soumission de l’épouse est un hommage rendu à l’amour de l’époux.

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L’Église, épouse du Christ
Elle tient dans sa main la Parole de Dieu incarnée en Jésus. La mandorle derrière symbolise sa gloire.

Inversement, si l’époux est à la tête du couple, cette responsabilité n’est pas la traduction d’un paternalisme de l’homme envers la femme, mais la traduction d’un amour et d’un service particulier demandés à l’homme. Car si le Christ est la tête de l’Église, c’est parce qu’il s’en est fait le serviteur, l’aimant jusqu’à en mourir, et léguant comme ultime témoignage à ses disciples le lavement des pieds. De même que la soumission, le service est une obligation s’imposant à tous les chrétiens : le seul véritable pouvoir, c’est le service (Matthieu 20, 24-28). Mais, de même que la soumission vaut en particulier pour la femme, le précepte de service vaut en particulier pour l’époux : aux dires de saint Paul, celui-ci doit servir son épouse comme s’il s’agissait « de sa propre chair ».

C’est ainsi que, dans le mariage, par la grâce d’union qui procède du Christ et de l’Église, l’époux et l’épouse se voient confier des rôles qui doivent conduire à leur épanouissement réciproque : le mari doit aimer sa femme en la servant comme le Christ a servi l’Église, et la femme doit aimer son mari en lui obéissant comme l’Église obéit au Christ

Portfolio

couple L'Église, épouse du Christ

Documents joints

  • Adam vs Eve. (Youtube – 124 octets)

    Vulgaire, mais drôle

2 Messages

  • Après avoir lu ce message, j’ai une question a vous poser : L’homme malgré l’age qu’il a, doit seulement aimé la femme et elle en retour n’est pas obligé de l’aimer mais parce que l’homme l’aime elle doit obligatoirement se soumettre ?
    Merci pour votre reponse

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    • On ne peut pas demander à une femme d’être soumise à son mari si elle n’aime pas : cela n’a pas de sens. Pour un chrétien, il n’y a de soumission que libre et consentie et comme étant une forme d’expression de son amour. De même pour le mari et le service entier qu’il doit à sa femme.

      Ce qui est premier c’est la promesse d’amour sur laquelle se fonde le mariage. Ce qui est deuxième c’est l’effort quotidien des conjoints pour s’aimer davantage. Et le don entier de soi du mari pour sa femme de même que la soumission de la femme envers son mari sont comme la cerise sur le gâteau de cet amour.

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