Quel est le rapport entre espérance et charité ?

mardi 28 juin 2016, par theopedie

En bref : On peut avoir l’espérance sans la charité, car on peut demeurer attaché à Dieu en tant que source du bonheur promis, sans que pour autant nous n’aimions Dieu pour Dieu. C’est un amour imparfait qui attend de Dieu sa récompense, mais c’est un amour quand même. La charité, en tant qu’amour bienveillant et gratuit, perfectionne cette espérance :
  • La charité fixe l’espérance sur son véritable objet. Le croyant sans amour se passe de Dieu ici bas pour être heureux sans lui. Comment concevrait-il un bonheur céleste où Dieu serait tout, et où le bonheur que l’espérance promet n’est autre que la vision de Dieu ? La charité, au contraire, donne à l’espérance son véritable objet. Ce Dieu auquel l’amour nous unit est celui-là même qui veut nous rendre heureux et épanouis.
  • La charité incite la volonté à prendre les moyens authentiques pour parvenir au salut que l’espérance attend. Sans la charité, les moyens du salut sont autant de croix et de combats : le respect de la loi n’a de légèreté que dans l’amour de celui qui l’a institué ; et si pour parvenir au ciel, il faut aimer Dieu et son prochain, comment y arriver sans la charité ? Sans la charité, Dieu est plus redouté qu’aimé. Or, l’on ne se bat que pour ce que l’on aime... C’est l’amour qui lutte avec intrépidité et acharnement. Vivifiée par la charité, l’espérance stimule alors un courage invincible dans la pratique des moyens du salut.
  • La charité rassure et établit dans la certitude de l’espérance. Quand un ami promet quelque chose et se fait fort de le donner, l’amitié donne à l’espérance d’autres motifs de faire confiance.

Si la charité perfectionne l’espérance, l’espérance n’est pas sans nous plus aider la charité. La charité est l’amour de Dieu pour Dieu lui-même. Hauteur d’un amour où il est difficile de se maintenir. L’espérance permet à l’homme croyant qui ne parviendrait pas à se maintenir à cette hauteur de ne pas non plus déchoir : l’amour intéressé que nous avons du bonheur est comme un béquille pour notre charité. Elle nous retient près de ces cimes où notre âme est appelée à retourner.

P.-S.

Les articles traitant de la Charité trouvent leur source dans :

  • La somme de Théologie IIa IIae et des notes du père Noble (Revue des Jeunes)
  • Cours de théologie morale (tome 2) du père Labourdette
  • du manuel d’introduction à la théologie (théologie morale) du Saulchoir

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