Quel est l’effet principal de la communion eucharistique ?

lundi 29 décembre 2014, par theopedie

En bref : Exciter et accroître la plus excellent de toutes les qualités, l’amour de charité, voilà le fruit principal de l’eucharistie : la charité surnaturelle est la substance, la moelle et l’aliment de vie chrétienne dans sa perfection, ce qui nous assimile au Christ lui-même.

 L’aliment de la vie spirituelle

L’aliment eucharistique ne nourrit point la vie périssable du corps, mais la vie immortelle de l’âme (Jean 6, 27). C’est donc qu’il doit être mangé de façon mystérieuse et spirituelle : non par la bouche du corps, mais par la bouche du cœur. Ainsi est sustentée l’âme dans sa vie surnaturelle. Comme la vie spirituelle, c’est la vie du Christ en nous, l’eucharistie a ainsi pour but de faire vivre le Christ en nous.

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Le repas de la messe

Ainsi, ce n’est pas la substance de cet aliment qui est transformée en substance corporelle, mais au contraire, c’est l’âme qui est transformée à la ressemblance de Jésus Christ, lequel est la substance du sacrement. La transformation progressive de l’homme dans le Christ : telle est à la fois le but et l’effet principal de l’eucharistie. Cette conversion intime vient de ce que, par le sacrement, l’esprit et la vie de Jésus Christ se répandent en nous. Par suite, le Christ vit en nous (Galates 2, 20) : pensées, sentiments, volonté, action, tout en nous devient conforme à la vie cachée du Christ. Tout devient en quelque sorte divin (Philippiens 2, 5).

 Vie spirituelle et la charité

La transformation surnaturelle en l’image de Jésus se fait par l’adoration (transformatio hominis in Christum per amorem), c’est-à-dire non point par un simple accroissement de nos dispositions à la charité (charité habituelle), mais surtout par l’ardeur, par l’embrasement de la charité en acte. Envisagée comme remède, l’eucharistie a donc pour but de guérir ces séquelles du péché originel que sont la dureté de cœur et l’égoïsme.

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Car la valeur sacrificielle et le mérite de ce sacrement résident dans l’amour du Christ qui alla jusqu’à donner sa vie. C’est dans son excès même que l’amour divin contenu et signifié par ce sacrement s’épanche dans notre âme et nous presse (2 Corinthiens 5, 14), nous incitant à répondre avec plus d’amour à tant d’amour. En produisant ce qu’elle signifie, cette icône de l’amour du Christ pour nous enflamme notre cœur d’un même amour.

Enfin, l’eucharistie a pour effet d’unir et de permettre la communion au corps mystique de Jésus Christ dans son Église. L’amour est, de sa nature, une puissance d’unification : il produit ou resserre l’union entre l’aimant et l’aimé. Sans doute, l’unité du corps mystique de Jésus Christ – l’Église, la famille des enfants de Dieu rachetés par la croix – est déjà fondée et établie par le baptême ; mais elle est rendue de plus en plus étroite par le corps sacramentel de Jésus-Christ.

 Effets matériels

Si l’eucharistie est une nourriture d’abord spirituelle, cela ne veut pas dire qu’elle n’a aucun effet matériel ou corporel. Les grâces accordées sont là pour nous aider à dominer nos vices et notre sensualité qui procède en grande partie de la chair. En étouffant le feu des convoitises, en calmant les mauvais instincts, l’eucharistie nous donne d’avoir dès ici-bas une chair moins matérielle, une chair quasi spiritualisée et comme angélifiée.

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