Que signifie l’immutabilité divine ?

mercredi 30 avril 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

En bref : Beaucoup d’incompréhensions concernant l’immutabilité divine vienne d’une confusion entre immutabilité d’imperfection (immobilité) et immutabilité de perfection (stabilité). Dieu est dit immuable en ce sens que son existence coïncide toujours avec la plus haute expression de son activité.

Dieu serait imparfait, étant immobile et immuable, s’il devait être considéré comme un bloc de granit incapable de changer sans disparaître. Dieu serait plus parfait que le minéral s’il avait puissance de devenir autre en restant soi, comme le vivant corporel. Mais Dieu est plus parfait encore que ce qui change. Car il est tout ce qu’il pourrait être. Son acte consiste à être, totalement et absolument. Il est, par le fait même, immuable et immobile, mais par excès de perfection. il est bien au-delà - non en-deça - du changement.

Il faudrait dire, pour ne pas être dans l’erreur : Dieu n’est pas privé de changement, il est plus que le changement. Un vivant peut se tendre vers son propre achèvement et, pour l’atteindre, changer sans cesse ; en définitive, tous les existants du monde en sont là, même ceux qui paraissent ne pas bouger ; Dieu est comme un vivant qui, ayant atteint le paroxysme de son inquiétude, s’est finalement reposé dans la paix, à force de tension. Mais le repos de la créature supprime le mouvement par impossibilité de soutenir plus longtemps un même effort. Le repos absolu de Dieu coïncide avec le point culminant de l’acte. Dieu est en acte pur, dans l’identité que tout changement s’efforce d’atteindre. Dieu est le changement, mais à l’instant merveilleux où le changement s’évanouit dans l’immuable, non par défaut, mais par excès.

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