Que signifie l’expression « Ecclesia supplet » ?

jeudi 22 mai 2014, par theopedie

En bref : L’expression « Ecclesia supplet » ne signifie pas que l’Église pallie aux défauts de validité sacramentelle, mais que, dans certains cas, l’Église pallie aux problèmes de juridiction sacramentelle.

L’expression « Ecclesia supplet » est liée au canon 144 du Code de Droit Canonique :

En cas d’erreur commune de fait ou de droit, comme en cas de doute positif et probable de droit ou de fait, l’Église supplée le pouvoir exécutif de gouvernement tant au for externe qu’au for interne.

Il ne s’agit donc pas de pallier aux problèmes de validité objective, comme on l’entend souvent. Par exemple, si le prêtre ne dit pas les bonnes formules de consécration par étourderie, il n’y a pas de présence réelle, et cela même si le prêtre était de bonne foi : il en va de la vérité du signe. L’expression « Ecclesia supplet » ne s’applique pas.

En revanche, si un prêtre reçoit les consentements de deux époux dans une paroisse qui n’est pas la sienne et sans avoir demandé l’autorisation, le mariage n’est normalement pas valide. En effet, une condition de validité du mariage est la publicité des consentements et leur réception par le ministre ordinaire du lieu (généralement le curé de la paroisse). Toutefois, si le prêtre était de bonne foi, l’Église reconnaît ce mariage et affirme sa validité en palliant aux défauts de juridiction : « Ecclesia supplet ».

Cette expression vise à couvrir des erreurs communes ou à couvrir des zones de doutes, mais non à légitimer des situations perverses. Si un prêtre accueille des consentements dans une église qui n’est pas la sienne, tout en sachant qu’il n’en a pas le pouvoir, le mariage est invalide.

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