Que représente l’arbre de la vie ?

lundi 20 janvier 2014, par Paul Adrien d’Hardemare

Dans le récit de la Bible (Genèse 2,9), qui suppose l’humanité mortelle par nature, l’arbre de vie symbolise le privilège divin de l’immortalité dont l’homme jouissait à titre gracieux dans le jardin d’Éden. Véritable panacée, ses fruits et son exubérance donnent la vie et guérissent de tous maux. On retrouve cet arbre de vie plus loin dans la Bible : Ézéchiel 47,12 et Apocalypse 22,2).

On peut rapprocher cet arbre de la fontaine de jouvence, dont le bain redonnait la vie, ou encore, dans l’épopée de Gilgamesh, de la plante de vie volée par un serpent :

Outanapishtim dit à Gilgamesh : que vais-je te donner pour que tu retournes dans ton pays ? Je veux te révéler, Gilgamesh, un secret et te dire […] Il existe une plante ; sa racine est comme celle du lycium épineux, son épine est comme la ronce, elle piquera ta main ; si tes mains réussissent à la saisir, tu auras trouvé la vie éternelle. À ces mots, Gilgamesh d’attacher de lourdes pierres à ses pieds, de descendre dans l’abîme, de se saisir de la plante bien qu’elle lui piquât la main.
[…]
Alors Gilgamesh vit une fontaine aux fraîches eaux. Comme il était descendu pour se laver à ses eaux, un serpent qui avait senti l’odeur de la plante silencieusement sortit de la terre et emporta la plante. Tout aussitôt, il rejeta ses écailles. (Épopée de Gilgamesh, tablette XII)

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L’arbre de vie

Bien évidemment, et malgré toutes les tentatives qui ont été menées, l’arbre de vie en tant que tel n’existe pas. À cela, il n’y a rien d’étonnant : les premiers chapitres de la Genèse fonctionnent comme une poésie. L’arbre de vie est, comme l’arbre de la connaissance du bien et du mal, une métaphore. Plus précisément, ce sont des métaphores servant à décrire l’esprit humain tel qu’il était à l’origine : tandis que l’arbre de la connaissance du bien et du mal représente la conscience morale dont dispose l’esprit humain, l’arbre de vie représente la force de l’esprit humain liée à cette conscience morale.

Avant la chute, alors que la conscience humaine n’avait pas été encore fragilisée par le péché, l’humanité vivait dans une pleine intégrité et disposait de toute la puissance de ses facultés. C’était alors l’esprit qui faisait vivre et sa puissance de vie vivifiait le corps. L’esprit humain était pour l’homme un véritable arbre de vie, capable de maintenir le corps en bonne santé par la puissance de son psychisme.

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