Que représente l’arbre de la connaissance du bien et du mal ?

samedi 26 octobre 2013, par theopedie

En bref : L’arbre de la connaissance du bien et du mal est une image poétique utilisée dans le récit biblique de la genèse pour désigner la conscience morale. On dit que le premier homme est celui qui a découvert la voix de la conscience : il vivait ainsi « auprès de l’arbre de la connaissance du bien et du mal ».

Bien évidemment, et malgré toutes les tentatives qui ont été menées, l’arbre de la connaissance du bien et du mal n’existe pas en tant que tel. À cela, il n’y a rien d’étonnant : les premiers chapitres de la Genèse fonctionnent comme une poésie. L’arbre de vie est, comme l’arbre de la connaissance du bien et du mal, une métaphore. Plus précisément, ce sont des métaphores servant à décrire l’esprit humain tel qu’il était à l’origine : tandis que l’arbre de vie représente la force de l’esprit humain, l’arbre de la connaissance du bien et du mal représente la conscience morale dont dispose l’esprit humain. Comment définir en effet la conscience sinon par ces termes : « connaissance intime que possède l’homme du bien et du mal » ?

Étymologiquement, la conscience signifie science ou connaissance conjointe et conaturelle à l’homme. Cette science n’est autre que la voix de l’esprit humain plus intime à nous-même que nous-mêmes et nous permettant de distinguer le bien du mal. Symboliser cette conscience par un arbre peut surprendre mais on retrouve une telle métaphore à plusieurs endroits clés de la Bible. Par exemple, au commencement du livre des psaumes :

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L’Arbre de la connaissance
du bien et du mal

Heureux qui ne suit pas les conseils des gens sans foi ni loi, qui ne s’arrête pas sur le chemin de ceux qui se détournent de Dieu, et qui ne s’assied pas avec ceux qui se moquent de tout ! Ce qu’il aime, au contraire, c’est l’enseignement du Seigneur ; il le médite jour et nuit. Il est comme un arbre planté près d’un cours d’eau : il produit ses fruits quand la saison est venue, et son feuillage ne perd jamais sa fraîcheur. Tout ce que fait cet homme est réussi.

Ps 1, 1-3 (Bible en Français Courant=BFC])

Dans un autre passage, ce n’est plus l’homme sage, mais le paradis lui-même qui est comparé à un arbre :

Jésus leur raconta une autre parabole : « Le Royaume des cieux ressemble à une graine de moutarde qu’un homme a prise et semée dans son champ. C’est la plus petite de toutes les graines ; mais quand elle a poussé, c’est la plus grande de toutes les plantes du jardin : elle devient un arbre, de sorte que les oiseaux viennent faire leurs nids dans ses branches. »

Mt 13, 31-32 (Bible en Français Courant=BFC])

Finalement, c’est Jésus, « la parole de Dieu », qui tient lieu et place d’arbre du bien et du mal. Ressuscité, Jésus est en effet décrit par l’évangéliste saint Jean lors de sa première apparition sous les traits d’un jardinier duquel une femme - Marie-Madeleine - s’approche, mais à qui Jésus interdit de le toucher :

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Noli me tangere
« Ne me touche pas » par Lambert Sustris

Jésus lui dit : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté vers le Père. Mais va dire à mes frères que je monte vers mon Père qui est aussi votre Père, vers mon Dieu qui est aussi votre Dieu. » Alors, Marie de Magdala se rendit auprès des disciples et leur annonça : « J’ai vu le Seigneur ! » Et elle leur raconta ce qu’il lui avait dit.

Jn 20, 17-18 (Bible en Français Courant=BFC])

On retrouve dans ce passage les images du jardin, de l’homme et de la femme, et du fruit défendu. Les images sont toutefois inversées et la femme résiste à la tentation : c’est l’envers de la chute originelle. Cette comparaison entre l’arbre du bien et du mal et Jésus n’est pas - à bien y regarder - étonnante : pour les chrétiens, Jésus est la parole de Dieu, celui qui enseigne le bien et le mal.

Tree of Knowledge
Broussaï feat. Turbulence
BROUSSAIOFFICIEL

En conclusion, redisons-le : l’arbre de la connaissance du bien et du mal est une métaphore de la conscience. C’est parce qu’il vivait auprès d’un tel arbre qu’Adam est dit le premier homme. Il s’agit d’une manière poétique de dire que les animaux devinrent des hommes lorsque leur psychologie fut suffisamment évoluée pour permettre l’émergence de la conscience. C’est lorsqu’Adam eut conscience du bien et du mal qu’il devint un homme à proprement parler.


Le saviez-vous ?

L’arbre de la connaissance du bien et du mal est souvent représenté par un pommier. Il n’est pourtant fait nulle mention d’un pommier dans la Bible ! Cette association vient d’un jeu de mot latin entre malum (le mal) et mala (la pomme).

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Noli me tangere L'Arbre de la connaissance du bien et du mal

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15 Messages

  • Que représente l’arbre de la connaissance du bien et du mal ? Le 4 septembre 2014 à 17:01, par arsene

    Le saviez-vous ?

    L’arbre de la connaissance du bien et du mal est souvent représenté par une pommier. je le dit, ceci n’est qu’une parabole.je le dirais sans pudeur
    le sexe est un arbre et tout plaisir sexuel est un fruit.accepte qui peut ?

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  • Que représente l’arbre de la connaissance du bien et du mal ? Le 5 novembre 2014 à 19:49, par Mottoul

    L’interprétation suggérée pose un problème de chronologie : il devient homme en acquérant la conscience du bien et du mal en mangeant du fruit défendu (« et ils virent quils étaient nus ») mais l’interdiction préalable s’adresse à un être qui est déjà susceptible de comprendre cette interdiction. En cueillant le fruit, Eve sait qu’elle agit mal ; elle succombe à la séduction du serpent. Dans votre interpeétation, on devrait comprendre que Dieu interdit à l’homme de devenir vraiment un homme, je veux dire, doté d’une conscience morale.

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    • Que représente l’arbre de la connaissance du bien et du mal ? Le 6 novembre 2014 à 22:43, par theopedie

      Merci pour votre remarque. Peut-être puis-je proposer deux commentaires ?

      • La découverte de la nudité n’est pas l’acquisition de la conscience morale, mais la découverte de la mortalité liée au péché. Voir article consacré.
      • Adam et Eve possédaient la conscience morale avant le péché des origines. Sinon, vous avez raison, il n’y aurait pas eu faute : la tentation présuppose la conscience morale. Pour éviter toute ambiguïté, j’ai donc remplacé « Alors Adam découvrit le bien et le mal et devint un homme. » par « C’est lorsqu’Adam eut conscience du bien et du mal qu’il devint un homme à proprement parler. »

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  • Que représente l’arbre de la connaissance du bien et du mal ? Le 28 décembre 2014 à 00:30, par AJEUN

    n’est-ce pas la perte de de l’innocence originelle ?
    disant que la gazelle qui mange l’herbe : c’est bien,
    alors que le lion qui tue et mange cette gazelle : c’est mal !
    etc etc

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    • Non : le lion qui mange la gazelle ce n’est pas mal car c’est Dieu qui a fait que le lion se nourrit de gazelles. Mais c’est nous qui y voyons du mal car nous avons mangé du fruit défendu. En fait Dieu avait tout prévu pour qu’au Paradis ce soit parfait. Et il ne voulait pas que nous mangions de l’arbre dont les fruits apportaient la connaissance du Bien et du Mal car il savait (Dieu sait tout) que c’est cette distinction qui introduit le désordre. Et en effet, à peine Adam et Ève ont ils mangé du fruit défendu, que leurs critiques de Dieu a commencé. Ils ont trouvé que c’était indécent d’être nus. Et ces critiques ont continué depuis, ce qui explique les désordres du monde actuel, alors qu’avec les règles posées par Dieu la terre était restée un paradis pendant des millions d’années. Nous nous sommes faits avoir par le Diable déguisé en serpent qui nous a fait croire que nous pouvions être meilleurs gestionnaires que Dieu. En résumé : pour savoir comment Dieu voulait que les choses se passent il suffit de regarder comment il avait organisé la nature, et pour savoir comment le Diable nous a fait tourner casaque il suffit de regarder le monde comme nous le faisons fonctionner !

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  • La question fondamentale est : pourquoi interdire à l’homme de manger le fruit de la connaissance ?

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  • Les arbres du jardin d’Éden sont des réalités d’abord naturelles. L’arbre de la connaissance du bien et du mal est le péché car il ouvre les yeux a une connaissance où le bien est mêlé avec le mal dans un fruit. Adam et Ève n’étaient pas des aveugles naturels car ils voyaient. Mais ils étaient des aveugles spirituels, l’arbre de la connaissance leur a ouvert les yeux spirituels du péché, ils étaient devenus des initiés, des illuminés du péché. Voilà la gravité de l’arbre que vous insinuez être comparable à notre seigneur, au lieu et à la place du serpent, qui était le plus rusé, car c’est lui qui ressemblait à cet arbre parce que la ruse est la vérité empoisonnée. Repens toi si tu es chrétien ou si tu ne l’es pas, évite de toucher aux écrits dont la portée te surpasse.

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    • C’est bien plutôt votre interprétation qui pose un sérieux problème ! Vous dites que « l’arbre de la connaissance du bien et du mal est le péché » ; or, il a été créé par Dieu : donc vous dites que Dieu crée le péché ! En réalité, vous confondez deux choses différentes : l’arbre lui-même (qui est une bonne chose : la conscience morale) et le mauvais usage qu’en ont fait Adam et Eve.
      Donc, cher frère, repens-toi d’avoir accusé à la légère de blasphème tes frères chrétiens !

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  • La conscience est le point de vu d’un observateur. Lorsque Adam et éve ont choisi de manger le fruit, ils se sont portés à être des juges de la création, au lieu d’être des dominants .Encore aujourd’hui la vie de chacun de nous est bâtie sur le jugement de la création. Nous considérons telle chose bonne et telle chose mauvaise .Un fruit est le résumé de l’arbre, la conscience est le résumé de ce sur quoi notre vie est bâti (nos croyances religieuses, culturelles, académique. ..).Alors que l’arbre de vie est le point de vue du créateur lui même. Pour en manger le fruit il faut rebâtir sa vie avec de nouvelles semences. Ces semences vont pousser et devenir l’arbre de vie qui donneront leur fruit au temps convenable. Pour ceux qui veulent mieux comprendre je suis ouvert à plus de réponse. ..

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  • la connaissance par la science détruit l’âme humaine il suffit de voir ou nous en sommes arrivé avec le progrès de la technologie, lorsque Adam et Ève virent qu’ils étaient nue, c’est tout simplement qu’ils on perdue leur innocence en voulant découvrir les secrets de la création, avant cela ils étaient relié au divin, sans dualité, on peut tout en esprit sans le progrès destructeur. La situation n’est pas irréversible si on se livre corps et âme au message du Christ, les bouddhistes et autre sages on presque réussi, ils leur manquent la foi.

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  • Voila un arbre qui a fait couler beaucoup d’encre ...!
    Et pour tenter de considérer un peu sa nature en amont du châtiment qui résulte de la transgression , demandons -nous quelle est cette nudité ? Par-delà la formule synthétique et obscure qui voudrait qu’avant la faute Adam et Eve auraient été vêtus d’esprit , voire de lumière .... que signifie cette « nudité » , qui évoque d’emblée une dimension sexuelle ?
    Sinon qu’effectivement , c’est dans la nudité que l’Homme et la Femme voient , et pourrait-on dire , ne voient plus QUE , leurs différences ... étant réduits à leurs identités de genre , et à leur dimension charnelle et sexuelle ... et non plus des êtres humains fondamentalement semblables !

    Ainsi ils perdent ce pourquoi Dieu les avaient associés : être , à l’image de Dieu , des êtres à part entière mais aussi , une chair UNE , UN ETRE unique et donc un être au sens spirituel , (comme sera appelée à le devenir l’ Eglise elle-même à un autre niveau) , UN être et pourtant « deux moitiés » unies dans une identité spirituelle avant tout , comme des « amis » , des associés , des complices au sens noble , un couple enfin ...!

    Ainsi par la faute ils entrent dans ce processus mortifère que nous croisons presque tous un jour , et qui consiste à regarder l’autre comme une objet sexuel , du seul fait de son appartenance à l’autre genre , un instrument de plaisir , voire même de reproduction , sans ce regard unifiant de l’ Amour vrai qui illumine le couple et lui donne son sens .

    De cette morbidité on peut tenter alors d’induire à rebours quelle est cette connaissance du bien et du mal , la nature de cet arbre , du plaisir ou du déplaisir , d’une connaissance formelle de faux « affranchis » et où se situe le péché , dans la curiosité , l’illusion de connaissance , le principe de la transgression , la confusion des notions ... ?

    Même si à ce point l’affaire n’est pas tranchée , je crois que cette éventualité d’interprétation de la « nudité » mortifère pour l’esprit et le cœur ouvre quelques perspectives ...

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