Que recouvre le dogme de la transsubstantiation ?

lundi 5 janvier 2015, par theopedie

En bref : La transsubstantiation est un concept philosophique exprimant une vérité biblique. Ce concept s’impose à la foi chrétienne pour rendre compte des paroles de Jésus lors de la cène.

Les paroles de Jésus « Ceci est mon corps, ceci est mon sang » indiquent que le Christ est réellement présent à travers cette matière du pain et du vin. Or, la présence réelle de Jésus à travers les apparences du pain et du vin suppose un fondement réel. C’est ce fondement réel qu’entend expliciter le dogme de transsubstantiation : en devenant consacrés, le pain et le vin ont été changés dans leur substance même en corps du Christ.

Le dogme de la transsubstantiation recouvre en réalité trois points dogmatiques distincts :

  1. Par les paroles de la consécration, l’être (substance) du pain et du vin a été changé en une nouvelle substance : le corps du Christ.
  2. A travers ce changement profond et existentiel, les apparences matérielles (« phénomènes » ; « accidents ») demeurent inchangées. Ainsi, si la foi nous affirme que le Christ est réellement présent, pour nos sens, rien n’est changé.
  3. Ces apparences de pain et de vin continuent d’exister, mais ne sauraient être reportées ni à la substance du pain et du vin, puisqu’elles ont cessé d’exister, ni au corps du Christ qui n’est pas du pain ou du vin.

En revanche, la transsubstantiation ne signifie pas l’annihilation du pain et du vin. Ceux-ci ne retombent pas dans le néant, mais sont changés en un autre être, plus parfait, le corps du Christ.

Inversement, le dogme de la transsubstantiation s’oppose à deux autres conceptions :

  1. Impanation : union hypostatique du Christ avec le pain. Cette théorie attribuée à Osiander a été rejetée au nom des paroles du Christ. Jésus a dit en effet « Ceci est mon corps, celui qui a été livré pour vous ». Il n’a pas dit que son corps était devenu du pain.
  2. Consubstantiation : permanence de l’être du pain, en concomitance avec l’être du Christ. Cette théorie, attribuée à Luther, a été rejetée car elle ne permet pas de rendre compte des paroles du Christ : « Ceci est mon corps ». La concomitance est en effet une relation trop extrinsèque pour rendre compte de l’identité existentielle posée par le Christ entre les oblats et son corps.

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