Que pense Jésus de la richesse ?

vendredi 5 juillet 2013, par theopedie

Pour les juifs de l’époque de Jésus, avoir de grandes richesses était vu comme une bénédiction divine. Inversement, la pauvreté était considérée comme un signe de sa réprobation et une conséquence du péché. Mais, Jésus était en porte à faux avec cette idée reçue.

Le jeune homme riche
(l’Évangile selon Matthieu de Pasolini)
theopedie

Pour lui, la richesse n’est pas un signe de la faveur de Dieu, ni la pauvreté un signe de punition divine pour le péché. Pour illustrer son propos, Jésus avait raconté une énigme sous forme de parabole (Luc 16:19-31). Dans cette énigme, dite « de l’homme riche et du pauvre Lazare », l’homme riche finit en enfer à cause de sa dureté de cœur envers Lazare qui mendiait devant sa porte, et Lazare entre au paradis pour avoir trop souffert sur terre. Dans un autre épisode, dit « du jeune homme riche », on y voit un homme riche empli de grands désirs, mais incapable de tout quitter pour partir à l’aventure, et Jésus de s’exclamer : « il sera plus facile à un chameau d’entrer par le trou d’un aiguille qu’à un riche d’entrer au paradis ! »

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Saint François renonçant à ses richesses
Saint François est le contre-exemple
du jeune homme riche dont l’Évangile
parle. Il prit l’enseignement de Jésus au
pied de la lettre, devenant ainsi l’un des
plus grands saints. (peinture de Giotto)

On fera attention toutefois à ne pas voir dans ces épisodes une condamnation de la richesse en soi. Si Jésus critique l’argent, ce n’est pas que la richesse soit intrinsèquement mauvaise, ou la pauvreté intrinsèquement bonne. Mais, pour Jésus, le cœur humain est un absolu qui ne peut souffrir de division et l’on ne peut à la fois aimer l’argent et aimer Dieu : « Nul ne peut servir deux maîtres. Ou bien, il haïra l’un et aimera le second, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera le second. Vous ne pouvez servir Dieu et l’argent. » (Lc 16:13).

La soif de richesse rend stérile l’enseignement des prophètes en donnant libre cours à toutes sortes de tentations. Elle rétrécit le cœur en lui donnant une fausse certitude, celle d’être aimé des hommes et d’être en sécurité, et l’empêche d’élever ses désirs vers les véritables richesses, celles du ciel, et de poursuivre un idéal de vie (Matthieu 6:19-21)

Si la richesse n’est pas un signe de la bénédiction de Dieu, elle peut cependant parfois être considérée comme un don de Dieu et un signe de sa providence. En effet, toujours selon Jésus, Dieu connaît nos besoins et, pourvu que nous nous mettions à son service, nous n’avons pas à nous inquiéter de nos besoins financiers :

Voilà pourquoi je vous le dis : ne vous faites pas du souci au sujet la nourriture pour vivre, ni au sujet de vos vêtements pour votre corps. La vie est plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement, n’est-ce pas ? Et bien, regardez les oiseaux : ils ne sèment, ni ne moissonnent, ni ne récoltent dans des greniers, et votre père au paradis les nourrit. Et vous, ne valez-vous pas beaucoup plus qu’eux ? Qui d’entre-vous, à force de se faire du souci, parvient à prolonger sa vie d’une seule coudée ? Et pourquoi vous faites-vous du souci au sujet de vos vêtements ? Observez les lis dans les champs comme ils grandissent et ils ne peinent ni ne tissent. Or, je vous le dis : Salomon, lui-même, dans toute sa majesté, n’a pas été habillé comme l’un d’entre eux. Si donc la herbe qui existe aujourd’hui, mais qui demain sera jetée au feu, l’Esprit Créateur l’habille ainsi, ne fera-t-il pas beaucoup plus pour vous, méfiants que vous êtes ?

Matthieu 6, 25-30

L’argent est un moyen agréé par Dieu : si des hommes recherchent ce qui plaît à Dieu, alors il leur accordera les moyens nécessaires pour y parvenir. De source de tentation, l’argent devient alors une providence destinée à être partagée par solidarité. C’est ainsi que, pour Jésus, l’argent doit servir à gagner les hommes (Lc 16:9) : ceux qui ont été bénis par une grande richesse doivent la partager généreusement avec les pauvres (Matthieu 25:31-46), éviter les péchés de l’arrogance (1 Timothée 6:17-19), la malhonnêteté (Exode 20:15, Marc 10:19, Luc 3:12-14) et la cupidité (Luc 12:13-21). Cet enseignement sera ensuite repris par les disciples (1 Timothée 6:17-19)

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