Que pense Jésus de l’honneur et de l’autorité ?

lundi 8 juillet 2013, par theopedie

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Jésus combat le diable
(Les tentations au désert au début de la vie publique de Jésus)

Jésus n’a cessé de mettre en garde ses disciples contre la fascination qu’exerce l’autorité et le pouvoir : il critiqua sévèrement ceux qui cherchent la reconnaissance et le pouvoir ; il dénonça l’ambition des intégristes pharisiens et l’hypocrisie de leur totalitarisme religieux ; il reprit Jacques et Jean qui exigeaient de lui les places d’honneur dans le paradis, leur disant que la véritable noblesse se faisait à la rude école de la souffrance et du don de soi ; il enjoignit aux disciples de ne pas ressembler à ces despotes « qui font sentir leur pouvoir sur ceux qu’ils dominent ». Pour Jésus, celui qui cherche le pouvoir et la reconnaissance devient l’esclave du Diable, lequel en refusant de servir depuis le commencement, s’est mis à règner sur le monde de la vanité. Lors de son épreuve contre le Diable au désert, Jésus dénonça explicitement cette religion de l’égoïsme (Mt 4).

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Le paradis
Dante contemplant la hiérarchie
céleste (Gravure de Gustave Doré)

Si Jésus ne cesse de mettre en garde contre la soif d’ambition et d’honneur, c’est parce qu’il pense que cette soif inverse l’échelle des valeurs. Pour lui, la voie de l’honneur est en réalité la voie de l’humilité et celui qui désire gouverner doit d’abord d’apprendre à servir. Jésus bouscule ainsi l’idée que les hommes se font des relations entre supérieurs et inférieurs : entre le supérieur et l’inférieur, le véritable supérieur est celui qui est vraiment au service de l’autre. C’est ce que la théologie classique affirme en disant que le pouvoir doit être ordonné au bien commun, et en affirmant que le véritable mérite procède de la charité, laquelle cherche à servir avec efficacité et générosité.

C’est dans cette perspective que Jésus admet qu’il puisse y avoir une saine émulation et une authentique hiérarchie, même au paradis, pour ceux qui se mettent au service des autres. De même, il peut y avoir une noble rivalité entre ceux qui entendent se dévouer le plus possible au bonheur de tous, à l’exemple de Jésus. Car Jésus s’est donné ici lui-même en exemple déclarant n’être pas venu pour être servi mais pour servir, et choisissant librement de donner sa vie pour racheter l’humanité aux yeux du Créateur (Mt 20:26-28). Il y a une certaine grandeur en même temps qu’une certaine humilité dans cette vision de soi. Ainsi, juste avant d’être arrêté et d’être torturé à mort, Jésus réaffirma à ses disciples qu’il était leur maître, puis il se mit à leur laver les pieds...

Jésus jugé par les puissants
Extrait du film « La passion » de Mel Gibson
HonneurETJustice

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