Que faut-il confesser ?

dimanche 28 juin 2015, par theopedie

En bref : La confession sacramentelle porte sur les péchés commis après le baptême, tous et sans exception.

 Les péchés comme matière éloignée

On appelle les péchés qu’il faut confesser pendant le sacrement de réconciliation la matière éloignée, par opposition à la matière proche. Matière proche et matière éloignée sont les actes du pénitent, mais tandis que la matière proche est partie essentielle du sacrement (contrition, confession, pénitence), la matière éloignée (les péchés) ne font partie du sacrement que de manière analogique. C’est en quelque sorte le « combustible » que la grâce détruit en se développant :

Comme nous disons que le bois consumé par la puissance du feu est la matière du feu, ainsi peut-on dire que les péchés, qui sont effacés par la pénitence, sont la matière de ce sacrement (Ancien Catéchisme Romain, 2,5,12)

 Péchés exclus de la confession

Tous les péchés personnels commis avant le baptême et le péché originel (péché contracté mais non commis) sont exclus de la matière du sacrement de la pénitence. Le péché originel d’une part ne peut être l’objet d’une repentance particulière car l’homme n’en est pas responsable. De plus, les fautes de ceux qui n’ont pas reçu le baptême ne sont point du ressort du pouvoir de clés, parce qu’elles ont été commises avant l’entrée dans le Royaume de Dieu sur la terre et que l’Église n’a aucune juridiction sur de telles personnes (1 Corinthiens 5, 12).

 Matière nécessaire

Tous les péchés graves et mortels, non encore confessés ou non encore remis par l’absolution sacramentelle ordinaire, doivent être soumis au pouvoir des clés. L’omettre de manière volontaire lors d’une confession et sans raison acceptable a pour conséquence de rendre l’absolution invalide. Au contraire, leur confession doit être intégrale.

 Matière libre et suffisante

Sont matière libre (c’est-à-dire que leur confession intégrale n’est pas requise pour la validité du sacrement) et suffisante (lorsqu’ils existent, le sacrement est reçu validement et avec fruit) :

  • tous les péchés véniels
  • tous les péchés qui ont déjà été remis

Dans ce dernier cas, le pouvoir de délier ne s’exerce pas, mais la grâce sacramentelle est donnée qui aurait permis de les remettre si besoin avait été.

Primus sacerdos, cui homo confitetur, si paratus est, totum remittit de ipsis culpis, quod per vim clavium debet remitti, et ideo alius non remittit. Bonum est tamen alteri confiteri, tum propter instructionem, tum propter majorem certitudinem, tum propter ejus intercessionem, tum propter verecundiae, meritum et arctam satisfactionem et humiliationem (Bonav. 4,18,1,2,2)

Ces péchés peuvent être expiés d’autres manières (rites pénitentiels individuels, indulgences, etc). Aussi leur confession n’est pas obligatoire. Mais qui veut obtenir leur pardon par le sacrement de la confession doit non seulement les confesser, mais aussi les regretter.

 Matière libre et non-suffisante

Les imperfections ou défauts moraux peuvent être confessés, mais ne sont point, par eux-mêmes, suffisants pour qu’il y ait confession à proprement parler. Ils ne sont points matières suffisantes car on ne peut regretter ses défauts ou ses imperfections. Seul les actes peccamineux qui en découlent offensent Dieu.

Toutefois, parce que ces imperfections sont d’ordinaires accompagnées de fautes vénielles, et qu’il est fort difficile de fixer une frontière claire entre imperfection et péché, il bon d’accuser ces imperfections pourvu que, par l’accusation et le repentir de quelques fautes, même passées, on puisse s’assurer de l’abondance des grâces de miséricorde.

 Péchés douteux

Les péchés douteux, à savoir les péchés dont le ministre doute de l’existence (par exemple pour les enfants et pour les personnes handicapées), sont matière libre et non-suffisante du sacrement. Autrement dit, à eux seuls, ils n’assurent pas la validité de l’absolution, « faute de matière suffisante ». L’absolution peut être donnée, mais sous forme conditionnelle. En pratique, on peut résoudre la difficulté en faisant inclure par le pénitent dans sa confession des péchés antérieurs certains.

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