Que doit exprimer l’aveu de ses péchés ?

jeudi 12 juin 2014, par theopedie

La nécessaire intégralité de la confession peut parfois être mal comprise et donner l’impression d’un catalogue de péchés devant nécessairement être énumérés pour être pardonnés. Mais ce serait oublier la véritable logique du Concile de Trente : celui-ci, à bien regarder sa manière de répondre aux problèmes éventuels, ne demande qu’une intégralité formelle et non matérielle [CT, 1682]. Non pas une liste ou un catalogue, mais une compréhension de son propre péché.

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La spiritualité moderne invite à replacer cette intégralité non plus d’abord dans l’attente du jugement rendu par le prêtre [CT, 1679] mais d’abord dans la perspective plus large de la repentance. Souvenons-nous en effet que l’acte principal du sacrement de pénitence est la repentance, non la confession : « ce qui compte le plus dans les actes de la pénitence, ce n’est pas dire ses péchés, mais de les regretter » [Henry, p. 651].

Plus exactement, l’intégralité de la confession doit être appréhendée comme un résultat et non comme un point de départ : le dialogue entre le confesseur et le pénitent n’a de véritable signification que s’il exprime un autre dialogue, à savoir celui du pénitent avec Dieu. Le dialogue principal du sacrement de réconciliation est alors celui qui passe par le secret des cœurs, entre le pénitent et son créateur (Mt 6,12). C’est ainsi que l’on peut comprendre le mouvement de l’Ordo Penitentiae. Le point de départ est le suivant : « C’est dans la foi au Dieu qui pardonne que le croyant examine sa conscience et reconnaît sa faute » [OP, 6] ; et c’est dans un second temps que ce dialogue demande à être rendu visible dans un rite sacramentel : « Par la confession, le pénitent ’ouvre [alors] son cœur’ au ministre » [OP, 6].

Autrement dit encore, l’intégralité de la confession est requise non comme but, mais seulement comme moyen (medii necessitate) : exprimer les péchés en tant qu’ils provoquent la repentance du pécheur. Ceci place l’intégralité de la confession dans sa véritable perspective :

  • Il ne faut ni la minimiser car elle entend exprimer la sincérité du repentir, et cette sincérité appelle, dans des circonstances normales, une confession honnête et détaillée.
  • Il ne faut pas non plus l’exagérer car la confession ne vise qu’à exprimer le péché pour lequel on demande le pardon, non à le « dépeindre ».

D’une certaine manière, il s’agit simplement de l’exprimer avec suffisamment de précision pour que ce péché soit entièrement (« intégralement ») référé au pardon de Dieu. En tant que tel, l’intégralité de la confession suit la loi de l’incarnation : l’homme, être de chair, a besoin d’extérioriser sa vie intérieure pour pouvoir intérioriser une grâce extérieure :

On peut certes se repentir de ses péchés véniels dans le secret de son cœur et obtenir le pardon. Mais quand on s’en confesse, on donne à son propre repentir intérieur une forme concrète, visible et audible ; il croît et se fortifie dans la mesure où il s’exprime. D’autre part, dans l’homme qui se confesse, l’action de Dieu acquiert aussi une forme en quelque sorte tangible [DS, col. 998].

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