Quand le Christ a-t-il institué le baptême ?

mardi 2 septembre 2014, par theopedie

En bref : D’après les évangiles et selon le résumé de Bonaventure, l’institution du baptême par le Christ s’est faite en plusieurs étapes : il l’a illustré par des gestes lors de son baptême (Jn 1) et par son enseignement lors de son entretien avec Nicodème (Jn 3,5) ; il l’a institué quand ses disciples ont commencé à baptiser (Jn 3,22) ; il l’a confirmé en donnant l’ordre, après sa résurrection, de baptiser (Mt 28,19).

Que le Christ ait expressément institué le baptême, le fait est évident. Mais savoir quand exactement le Christ l’a institué n’est pas toujours évident car le Christ fait plusieurs fois mentions du baptême. Pour prévenir les difficultés, notons les points suivants :

  • l’institution du sacrement est dissociable du commandement de le pratiquer (et donc de le recevoir) ;
  • la réception du baptême n’a pu être obligatoire avant la résurrection ;
  • il faut distinguer ce qui est essentiel et ce qui est accessoire dans le baptême pour savoir quand il a été institué.

Jean, façon holliwood
(The Bible Series 6 )
FocusOnTheFamilyUSA

Nulle part, les textes ne disent avec précision quand ce sacrement fut institué, mais elle fournit suffisamment d’indication pour permettre à la réflexion théologique d’avancer certaines hypothèses.

Certains auteurs font correspondre l’institution du baptême avec le baptême de Jésus. Néanmoins, ceci se heurte à une difficulté : dans le baptême, l’eau a besoin d’être sanctifié par une formule invoquant la Trinité pour devenir un instrument de la grâce. Cette formule a été certes parfaitement illustrée au moment du baptême de Jésus par la révélation de la Trinité. Mais elle avait encore besoin d’être instituée par l’enseignement et le précepte et telle n’avait pas été encore le cas lors de ce premier baptême.

Débuts de la vie publique
Extrait de l’Évangile selon Matthieu de Pasolini.
Pasolini souligne ici le dynamisme qui unit le
baptême, la tentation et début de la prédication.
theopedie, PGMhOqqJBc8

On ne peut non plus voir dans l’entretien avec Nicodème l’institution du baptême (Jean 3, 1-10) : cette discussion s’apparente davantage à un enseignement plutôt qu’à un commandement.

Peu de temps après, on voit les disciples de Jésus pratiquait des baptêmes (Jean 3, 22). Certains auteurs n’ont vu là qu’un rite analogue au baptême de Jean. Mais l’opinion contraire est mieux fondée : Jésus administrait, par le ministère de ses disciples, un nouveau baptême. En effet, on ne comprendre sinon la solennité avec laquelle le Précurseur opposait son baptême et le baptême messianique (Matthieu 3, 11). Et le Messie devait montrer sa supériorité sur son prophète par le baptême dans l’Esprit. En même temps que Jésus enseignait le miracle de la rémission des péchés, à n’en pas douter, le baptême de ses disciples devaient remettre de manière efficace les péchés. Nous avons ici en quelque sorte, de manière transitoire, un premier usage du baptême et peut-être une formation des disciples par le Christ au baptême. C’est donc que le baptême avait été institué au début de la vie de Jésus.

JPEG - 422.8 ko
Le baptême du Christ

Quoique rien ne manquât à cette institution, elle devait être parfaite et reconduite après la résurrection. La réception du baptême est alors étendue à tous les peuples et son obligation devient universelle (Matthieu 28, 19). En tant qu’icône sacramentelle de la Loi Nouvelle, le baptême devait représenter la mort et la résurrection de Jésus-Christ, non point dans l’avenir, mais comme un fait accompli, et ouvrir ainsi aussitôt les portes du paradis aux baptisés : il fallait, pour cela, que l’œuvre de la rédemption fut accomplie.

Répondre à cet article