Quand la simulation disparaît, le baptême obtient-il son effet ?

mardi 7 octobre 2014, par theopedie

En bref : S. Augustin dit : « Le baptême retrouve son efficacité salutaire, lorsqu’une confession sincère fait disparaître cette simulation qui, aussi longtemps que le cœur persévérait dans la malice et le sacrilège, empêchait l’ablution des péchés. »

Cet article est tiré de la Somme de Théologie de Saint Thomas d’Aquin (IIIa, 69,9).

 Thèse

Comme on l’a dit plus haut le baptême est une régénération spirituelle. Or, quand un être est engendré, il reçoit en même temps la forme et l’effet de cette forme, à moins qu’il n’y ait un obstacle ; mais dès que cet obstacle est écarté, la forme de l’être engendré produit son effet. Par exemple un corps lourd, dès sa génération, est attiré vers le bas, à moins qu’un obstacle ne l’arrête ; dès que cet obstacle est écarté, il commence à tomber. De même, quand un homme est baptisé, il reçoit le caractère, comme une forme, et il reçoit l’effet propre de cette forme, la grâce qui remet tous les péchés. Mais cet effet peut être empêché par la simulation. Aussi, dès que celle-ci est écartée par la pénitence, il est certain que le baptême produit aussitôt son effet.

 Objections et réponses

1. Une œuvre morte, c’est-à-dire sans charité, ne peut jamais revivre. Mais celui qui vient au baptême avec simulation reçoit le sacrement sans charité. Par conséquent ce sacrement ne pourra jamais être vivifié de sorte qu’il puisse produire la grâce.

  • Le baptême est l’œuvre de Dieu, et non de l’homme. Par conséquent il n’est pas une œuvre morte chez celui qui se fait baptiser avec simulation et sans charité.

2. La simulation paraît être plus puissante que le baptême, puisqu’elle en empêche l’effet. Mais le plus fort ne peut être détruit par le plus faible. Par conséquent, le péché de simulation ne peut être détruit par le baptême que la simulation elle-même empêche. Et ainsi le baptême ne produit pas son effet, qui est la rémission de tous les péchés.

  • Ce n’est pas le baptême qui enlève la simulation, mais la pénitence. Une fois la simulation écartée, le baptême enlève toute la faute et toute la peine des péchés commis avant le baptême, et même des péchés commis dans le baptême. Aussi S. Augustin dit-il : « Hier est pardonné, et tout ce qui reste est pardonné, et l’heure même et le moment qui précèdent le baptême, et le moment du baptême. C’est après seulement que l’on commence à redevenir coupable. » Et ainsi le baptême et la pénitence concourent tous deux à produire l’effet du baptême, mais le baptême comme la cause directe, la pénitence comme une cause accidentelle, qui écarte les obstacles.

3. Il peut arriver qu’un homme s’approche du baptême avec simulation, et qu’après le baptême, il commette de nombreux péchés. Ces péchés ne sont pas enlevés par le baptême, qui efface les fautes passées, mais non les fautes à venir. Par conséquent le baptême ne produira jamais son effet, qui est la rémission de tous les péchés.

  • Le baptême n’a pas pour effet d’effacer les péchés futurs, mais seulement les péchés présents ou passés. Aussi, la simulation disparue, les péchés qui ont suivi le baptême sont remis sans doute, mais par la pénitence, et non par le baptême. Aussi la peine qu’ils ont méritée n’est-elle pas entièrement remise, comme l’était celle des péchés commis avant le baptême.

Répondre à cet article