Qu’est-ce que s’interroger sur la nature de la vérité ?

vendredi 2 janvier 2015, par Denis Cerba

En bref : La philosophie se pose la question de la nature de la vérité, c’est-à-dire de ce que toutes les vérités auraient en commun. Cette question outrepasse la simple recherche de la vérité (pourtant déjà fondamentale), et débouche sur toute une série d’autres questions portant sur la vérité.

S’interroger sur la nature de la vérité, c’est une façon de répondre à la question : « Qu’est-ce que la vérité ? » — dont l’instance la plus célèbre est la question désabusée adressée par Pilate à Jésus :

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« Qu’est-ce que la vérité ? » (Jn 18, 38)

La question « Qu’est-ce que la vérité ? » admet en effet deux grands types de réponses :

  1. une recherche effective de la vérité, qui est plus exactement recherche des différentes vérités que nous avons à découvrir ;
  2. une réflexion portant sur la nature de la vérité en général et ses principales caractéristiques : en quoi consiste la vérité ? Consiste-t-elle dans une certaine relation au réel, ou dans autre chose ? En quoi la vérité est-elle utile ? Quelle est sa valeur ? etc.

 La recherche effective des vérités

C’est la première façon dont on cherche à répondre à la question : « Qu’est-ce que la vérité ? » — et c’est sans doute aussi d’une certaine façon la plus fondamentale ! Il s’agit de rechercher des vérités, de la plus banale (« Quel temps va-t-il faire demain ? ») à la plus sublime (« Dieu existe-t-il ? »)... Différentes disciplines se sont peu à peu constituées, qui ont fait la preuve de leur aptitude à progresser dans la mise au jour de différents types de vérités : la physique (dans les questions portant sur la nature et le fonctionnement de l’Univers), la biologie (sur la question du vivant), les mathématiques, la psychologie, l’économie, l’histoire, la linguistique, la philosophie, etc.

Cette recherche multiforme de vérités est (et restera toujours) le socle fondamental de la question « Qu’est-ce que la vérité ? ». Elle suscite néanmoins une question — peut-être — plus profonde : Qu’en est-il de la nature de la vérité ?

 La réflexion sur la nature de la vérité

La réflexion sur la nature de la vérité pose une question proprement philosophique : au-delà de leurs différences, qu’est-ce que toutes les vérités ont en commun ? Qu’est-ce, pour quelque chose, que d’être vrai ? Y a-t-il quelque chose de spécialement intéressant, de « substantiel », que toutes les vérités auraient en commun ? — au-delà du simple fait qu’elles sont des vérités (c’est-à-dire qu’elles nous disent ce qu’il en est de telle ou telle chose).

Cette question sur la nature de la vérité est elle-même la première et la plus importante de toute une série de questions portant sur la nature et les caractéristiques fondamentales de la vérité :

 D’autres questions philosophiques sur la vérité

On peut se poser aussi :

  1. La question de la valeur de la vérité : la vérité est-elle une fin en soi, ou seulement un moyen en vue d’une fin plus importante ? Faut-il toujours dire, ou rechercher, la vérité ? Ces deux dernières questions portent en fait plus sur la valeur de la découverte, ou de la déclaration, de la vérité, que sur la valeur de la vérité elle-même.
  2. La question de la structure (ultime) de la vérité : y a-t-il du plus ou moins vrai ? Une erreur peut-elle être plus proche de la vérité que telle autre ? Y a-t-il une vérité absolue ? Quel serait son rapport avec les autres vérités ?
  3. etc.

Ces questions sont importantes — mais la question portant sur la nature de la vérité a une priorité certaine : d’un point de vue philosophique, toute tentative sérieuse de répondre aux questions portant sur la valeur, la structure, etc., de la vérité doit être précédée d’une tentative sérieuse de répondre à la question portant sur la nature de la vérité.

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