Qu’est-ce que le rôle de l’Église et de ses ministres dans les sacrements ?

vendredi 18 juillet 2014, par theopedie

En bref : L’Église a un pouvoir juridictionnel sur les sacrements et ses ministres sont les instruments de la puissance divine.

 La source du pouvoir ministérielle

L’institution et l’administration des sacrements supposent une puissance et une autorité surnaturelle, dont l’organisation et la hiérarchie expliquent les rôles respectifs de Dieu, de Jésus en tant médiateur et des ministres. A Dieu revient le rôle principal de dispensateur de la grâce, à Jésus un rôle de prééminence car il a mérité cette grâce et a choisi de confier ses mérites aux croyants par l’institution de sacrements. En troisième lieu, nous trouvons la puissance ministérielle (potestas ministerii) que Jésus Christ à confiée à l’Église et à ses serviteurs.

L’ascension de notre Libérateur a mis un terme à sa vie visible sur la terre, mais non à sa vie et à son action invisible et spirituelle : « lui qui est au ciel, il est corporellement absent sur terre, mais présent par sa majesté » [1], demeurant jusqu’à la fin des temps avec son Église pour l’assister (Mt 28,20). Or, afin de continuer à transmettre la valeur spirituelle de ses souffrances, il a besoin sur terre d’un instrument terrestre. C’est pourquoi il a confié à des hommes une fonction iconique (« ministère sacramentel »). Parce qu’il a confié cette administration sacramentelle à son Église, seule l’Église a le pouvoir de dispenser la grâce sacramentelle.

 Rapport entre ministre principal et ministre secondaire

Ainsi le ministre possède une véritable autorité, un pouvoir réel sur la collation de la grâce, sur la justification et la sanctification de l’homme ; mais cette autorité est dépendante et limitée, en tant qu’il ne peut l’exercer que parce qu’il est le ministre des sacrements, c’est-à-dire en tant qu’il prépare et présente les vaisseaux que Jésus Christ remplit de sa grâce par sa propre puissance.

Tout ministre d’un sacrement doit donc agir au nom de l’Église et en vertu d’une mission qu’il tient de l’Église, comme au nom de Jésus Christ et en vertu d’une mission qu’il tient de Jésus Christ, car l’Église a seule hérité des volontés et de la confiance de Jésus Christ. Et de fait, ce n’est pas seulement la licéité, mais jusqu’à un certain point la validité des sacrements qui dépend de l’Église.

 Prérogative ministérielle

Étant sauve le cœur et la substance des sacrements qui est d’institution divine, l’autorité de l’Église est la source de tout droit quant à leur administration et à leur rite. L’Église, seule héritière et seule dépositaire de la mission apostolique, a seule autorité pour baptiser (Mt 28,19), pour remettre les péchés (Jn 20,22), pour célébrer l’eucharistie (Lc 22,41). La légitimité de l’administration des sacrements est donc subordonnée à un pouvoir communiqué par l’Église, et le ministère ordinaire est l’évêque ou le prêtre qui, outre l’ordination, possède la juridiction ou est envoyé par l’Église. La validité même des sacrements en dehors de l’Église dépend de l’Église dans une certaine mesure et sous certains rapports.

Ainsi, la réception valide des sacrements par quelqu’un qui se situe en dehors de l’Église présuppose

  • que le fidèle croit à ce que croit l’Église en ce qui concerne le sacrement dispensé ;
  • que le fidèle n’oppose aucun obstacle à la grâce (qu’il soit dûment disposé).

Pour l’administration valide d’un sacrement de la part d’un ministre qui ne se situe pas dans l’Église, il faut que le ministre agisse dans un sens comme ministre de l’Église : il doit avoir l’intention (au moins implicitement) de faire ce que fait l’Église, c’est-à-dire de faire ce que Jésus a institué.

Le ministre du sacrement agit au nom de l’Église entière, laquelle supplée à ce qui manque à la foi du ministre (saint Thomas, III,64,9,1).

Notes

[1absens corpore in coelo et praesens majestate st. Augustin, In Joann.

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