4. Qu’est-ce que le « réalisme » sur la question des universaux ?

lundi 29 juin 2015, par Denis Cerba

En bref : Le réalisme, sur la question des universaux, consiste à soutenir que les universaux existent, et qu’ils expliquent l’identité de type qui s’observe entre des choses pourtant différentes.

Le terme « réalisme » a de multiples sens en philosophie, selon le domaine de questions dans lequel on l’utilise. Ici, nous nous intéressons strictement à son sens dans le contexte de la question des universaux.

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Une défense du réalisme
par un métaphysicien contemporain

La question des universaux, nous l’avons vu, concerne la façon dont il faut comprendre et analyser le fait que des choses différentes semblent posséder des caractéristiques communes (en termes plus techniques : que des tokens différents puissent être de même type, cf. La distinction type/token).

Le réalisme est l’une des deux principales solutions possibles à ce problème (l’autre étant le nominalisme). La position réaliste consiste à dire que sur la question de l’identité de type, les apparences sont fondamentalement conformes à la réalité : des choses différentes, mais de même type, ont bel et bien certaines caractéristiques communes, au sens tout à fait littéral du terme. Cela veut dire qu’elles possèdent en commun quelque chose de strictement identique : une même propriété (au sens le plus fort et le plus strict de « même » : cf. Identité stricte/large et Comment définir l’identité stricte/large ?). Seule une entité elle-même d’un type bien spécial peut remplir ce rôle : être présent (strictement) à l’identique en des choses pourtant différentes ! Ce genre d’entité est ce qu’on appelle un universel : un universel est une entité qui peut être présente strictement à l’identique en des choses pourtant strictement différentes.

On peut donc synthétiser la position réaliste de la façon suivante :

Les universaux existent, et ils expliquent l’identité de type qu’on observe entre des tokens différents.

Nous avons déjà évoqué les principales forces et faiblesses de l’analyse réaliste :

  • Sa principale force est sa simplicité : l’identité de type s’analyse tout simplement comme identité d’une certaine entité (d’un certain universel). Les choses sont en réalité telles qu’elles apparaissent : il y a adéquation foncière entre le phénomène de l’identité de type et son explication (en termes d’universel).
  • Sa principale faiblesse est le caractère étrange (contre-intuitif) de la notion même d’universel : comment une seule et même chose pourrait-elle bien se trouver en deux choses différentes ? Comment strictement le même rouge pourrait-il se trouver dans deux robes différentes ? Les nominalistes trouvent cela tout simplement « extravagant »...

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