Qu’est-ce que le pouvoir des clés ?

vendredi 19 juin 2015, par theopedie

En bref : Le pouvoir des clés s’exerce en propre dans la sentence judiciaire (jugement) que le prêtre prononce sur le pénitent.

Par le pouvoir des clés, potestas clavium, la théologie entend non pas d’abord le pouvoir de gouvernement ecclésiastique dans toute son étendue, mais surtout au sens strict le pouvoir donné par le sacrement de l’ordre pour remettre ou retenir les péchés commis après le baptême.

La promesse faite par Jésus de donner à son Eglise le pouvoir de pardonner les péchés, se trouve en Matthieu 16, 19 et Matthieu 18, 18. Or les circonstances dans lesquelles Jésus déclare donner à Pierre en sa qualité de premier des disciples le pouvoir de lier ou de délier indiquent clairement qu’il a en vue l’autorité judiciaire et le traitement des pécheurs baptisés. C’est en effet après avoir raconté la parabole de la brebis égarée, après avoir fait l’application de cette parabole au pécheur membre l’Eglise, et après avoir demandé le jugement de ce pécheur par l’Eglise, qu’il étend à tous les apôtres le pouvoir de délier et de lier.

 Distinctions

On distingue deux clés :

  • l’autorité, pour examiner judiciairement la cause (clavis scientiae)
  • le plein pouvoir de porter le jugement ou la sentence (clavis potestas).

On distingue de même l’usage en deux sens contraires de ces clés :

  • le pouvoir de lier (fermer la porte) ;
  • le pouvoir de délier (ouvrir la porte),

c’est-à-dire retenir ou remettre les péchés si le pécheur n’est pas insuffisamment disposé pour recevoir le pardon de Dieu. Mais, parce qu’au for intérieur, il s’agit principalement et en définitive d’effacer les péchés, Jésus en donnant ce pouvoir l’appelle pouvoir de « remettre les péchés » (Jean 20, 23)

 Un pouvoir ministérie

Le pouvoir des clés est un pouvoir délégué : tandis que le Christ pardonne de sa propre autorité (pouvoir d’excellence), le prêtre ne pardonne qu’en tant que représentant du Christ (pouvoir ministériel). Il n’a donc de pouvoir qu’en tant qu’il se conforme à la volonté de celui qui lui donne son pouvoir. Autrement dit, le pouvoir de pardonner ou non les péchés n’est pas un pouvoir arbitraire : le prêtre est tenu de lier ou de délier selon le sentiment du Christ, ce que la théologie énonce par le principe : « Clave non errante ».

That of those who appear arrogantly to think that the priesthood can arbitrarily bind or loose whomsoever they please ; and that every act of theirs, whether right or wrong, will be ratified in heaven. And if we look at the mere words, they do seem to bear this meaning. For “Whatsoever thou shalt bind upon earth, it shall be bound also in heaven ; and whatsoever thou shalt loose on earth, it shall be loosed also in heaven”. But it is not so. For Christ only intended to give to Peter first, and then to the other Apostles, to perform His offices as if He were on earth : binding those that were to be bound, and loosing those who were to be loosed ; with this sole exception, that Christ would bind or loose in His own power, the Apostles in another s, that is, Christ’s. From the fact, then, that He gave over to them His own functions, we understand that they should bind and loose, not according to their own judgment, but according to His ; so that, as S. Cyprian rightly says : “Let no one prejudge Christ the Judge”. This is what theologians and Doctors of the Church call “Clave non errante“.

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