Qu’est-ce que la solidarité ?

dimanche 26 juin 2016, par theopedie

En bref : La solidarité est une forme de bienveillance, c’est-à-dire une forme d’amour altruiste qui vise le bien des personnes. Pour que la bienveillance devienne solidarité, elle doit être réciproque, stable et fondée sur une perfection d’ensemble (bien commun).

**Réciprocité

La solidarité ne peut exister à sens unique, et l’on appellera pas solidaires deux êtres dont l’un est bienveillant tandis que l’autre se contente de bénéficier de cette bienveillance. La solidarité implique une bienveillance réciproque, et, dit Aristote, « l’ami doit être à son tour un ami pour son ami » (amicus amico amicus). Cette relation exige donc une certaine égalité : non pas certes une stricte égalité, mais au mois une égalité que l’on pourrait dire de proportion. Chacun des deux êtres solidaires se doit d’aimer l’autre dans la mesure de ses forces et selon son état. C’est ainsi que Dieu et l’Eglise peuvent être dits solidaires, bien qu’il y ait un abîme entre Dieu et l’Eglise.

Notons toutefois que cette réciprocité n’est pas le but premier de l’amitié. L’amitié est un amour désintéressé et ne fixe pas pour prix de son amour cette nécessaire réciprocité. On dira au contraire que la réciprocité est comme le premier fruit et la conséquence naturelle de la bienveillance : l’éclat d’un amour parvenu à son terme. En effet, la pureté et la délicatesse de la bienveillance suscitent naturellement dans la personne aimée une bienveillance de retour : la pureté appelle la pureté, et un esprit juste et bon rend bienfait pour bienfait.

**Communauté

Par la fréquence des rapports réciproques, la solidarité cherche à se stabiliser dans une forme de vie pereinne, dans une « communauté de vie ». Ce sont les lois et les coutumes qui décrivent les contours de cette solidarité. Mais c’est surout l’entre-aide, la mise en commun et le partage de ceux qui sont solidaires les uns des autres. C’est le don réciproque de leur richesse et de leurs talents. La solidarité devient ainsi une expression de la vie politique et la solidarité des personnes est le fondement du pacte social. On notera que chacun peut participer à plusieurs communautés, partager plusieurs solidarités, sans ce que celles-ci ne se confondent : solidarité familiale, professionnelle, nationale. Ces solidarités peuvent être extrêment variées : solidarité des voyageurs entre eux, solidarité des prisonniers de guerre entre eux, etc.

**La perfection recherchée

Si la solidarité est caractérisée par une communauté et une réciprocité de bienveillance, elle est aussi caractérisée par la nature de ce qui est recherché, à savoir une certaine perfection d’ensemble. Ce « bien commun » fonctionne comme un projet de vie qui sous-tend la solidarité et la nourrit. Ceci peut être le plaisir, l’utilité, la vertu. On notera à ce propos comme une solidarité fondée sur la recherche du plaisir ou de l’utilité suffit à prouver qu’amour de générosité et amour de concupiscence ne s’excluent pas de soi. Mais la véritable solidarité est celle qui est fondée sur la recherche de la vertu (bonum honestum) : la perfection est recherchée pour elle-même et apparaît comme une valeur ayant qualité de fin en soi.

P.-S.

Les articles traitant de la Charité trouvent leur source dans :

  • La somme de Théologie IIa IIae et des notes du père Noble (Revue des Jeunes)
  • Cours de théologie morale (tome 2) du père Labourdette
  • du manuel d’introduction à la théologie (théologie morale) du Saulchoir

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